Journaliste, éditeur et écrivain

  |  Normand Hasty  |  Radio-Canada

  • Il est né à Montréal le 21 juin 1923
  • Il étudie au Collège Ste-Marie de Montréal, au St-Dunstan's College de Charlottetown et à l'École des hautes études commerciales de Montréal... dont il sera expulsé pour avoir distribué un pamphlet contre les professeurs de l'institution
  • Il épouse Thérèse Desjardins en 1951, avec qui il a cinq enfants
  • À compter de 1946, il fait de nombreux voyages à l'étranger
  • En 1954, il fonde l'hebdomadaire Vrai
  • Il devient administrateur de Cité Libre en 1958
  • Il fonde les Éditions de l'Homme en 1958, qu'il dirige jusqu'en 1961, puis crée les Éditions du Jour en 1961
  • En 1971 et en 1977, il fonde Jeunesse Canada Monde, puis Katimavik
  • Il est nommé au Sénat en 1983
  • Il publiera plus d'une trentaine de livres

Jacques Hébert a eu une vie bien remplie. Connu surtout comme journaliste, auteur et éditeur, il a aussi été sénateur, a défendu les droits de l'homme et encouragé la jeunesse à s'ouvrir au monde.

Il a commencé sa carrière de journaliste au Devoir, pour lequel il a collaboré de 1951 à 1953.

En pleine noirceur duplessiste, en 1954, il fondera le journal Vrai, un hebdomadaire de combat qui s'attaquera de front au régime en place, le gouvernement de l'Union nationale dirigé par Maurice Duplessis.

C'est dans ce journal qu'il exprimera ce qu'il pense de l'Affaire Coffin, une des affaires judiciaires les plus célèbres du pays.

Le prospecteur gaspésien Wilbert Coffin a été pendu le 10 février 1956, à 41 ans, pour le meurtre de trois chasseurs américains.

Même si le ministère public a noté un nombre important de circonstances incriminantes, il n'y a toutefois pas de preuve directe. Personne n'a été témoin du meurtre, et l'accusé a toujours nié l'avoir commis.

Jacques Hébert écrira un premier livre en 1958, Coffin était innocent, puis en 1963, J'accuse les assassins de Coffin, dans lequel il prône l'abolition de la peine capitale et dénonce l'administration de la justice québécoise.

« C'était une cause célèbre à l'époque, alors c'est sûr et certain qu'une cause célèbre comme celle-là touche tous les gens, qui se disent que si vraiment on a pu pendre un innocent, peut-être que la peine de mort, ce n'est pas une si bonne idée après tout. [...] Je crois pouvoir dire que si la peine de mort a pu être abolie aussi facilement au Canada alors qu'elle existe encore dans tous les États américains, c'est parce qu'on a eu cette cause-là. » (Jacques Hébert, Téléjournal de Radio-Canada, octobre 2006)

Pierre Elliott Trudeau avec son ami Jacques Hébert, en Chine (archives)

La même année où il a écrit J'accuse les assassins de Coffin, en 1963, il fonde avec son ami Pierre Elliottt Trudeau la Ligue des droits de l'homme, aujourd'hui la Ligue des droits et libertés, qu'il présidera jusqu'en 1972.

Plus tôt, en 1958, il a travaillé avec Pierre Elliott Trudeau à la revue Cité libre, une revue qui dénonçait la rigidité du gouvernement Duplessis.

Deux ans plus tard, fasciné par la Chine, il publie, toujours avec Trudeau, Deux innocents en Chine, qui raconte leur voyage dans ce pays.


« « J'ai eu une jeunesse flamboyante, des amis extraordinaires. ». » — 
Émission de Radio-Canada, L'accent, 9 décembre 2006

Parallèlement à sa participation à Cité libre, Jacques Hébert sera très actif dans le milieu de l'édition.

En 1958, il fonde les Éditions de l'Homme, qu'il dirigera jusqu'en 1961.

L'année même, il créera les Éditions du Jour, dont il sera directeur jusqu'en 1974.

Cette maison d'édition fera découvrir et publiera un nombre impressionnant de jeunes romanciers québécois.

Malgré ses occupations dans le milieu de l'édition, il anime et scripte des émissions d'affaires publiques à Radio-Canada, de 1962 à 1970.

Site Internet de Jeunesse Canada Monde   © www.cwy-jcm.org

En 1971, il fonde l'organisme Jeunesse Canada Monde, dont l'objectif est de fournir aux jeunes du pays et de l'étranger l'occasion de voyager et de faire du bénévolat dans un autre pays.

L'organisme conçoit et met en place des programmes d'éducation internationale pour les jeunes (de 17 à 24 ans) axés sur le travail bénévole et le développement communautaire dans un cadre interculturel.

« Il est absolument important qu'un homme civilisé ait une connaissance du monde, [...] il fallait trouver un moyen de permettre au plus grand nombre de jeunes possible de découvrir le monde ». (Jacques Hébert, L'accent, 2006)

Puis en 1977, il fonde Katimavik, qui propose cette fois-ci d'offrir aux jeunes Canadiens de tous les horizons la possibilité de découvrir leur pays, de vivre en groupe et de s'engager dans des communautés.

L'apprentissage des langues officielles et la protection de l'environnement font partie du programme.

« « Il y a beaucoup de similitudes entre les participants des deux groupes, en dépit du fait que Katimavik ne se déroule qu'au Canada. Le Canada, c'est un monde. [...] Si on ne donne rien aux jeunes, quelle sorte de société on va avoir demain? » » — 
Jacques Hébert, L'accent