Stephen Harper (archives)
À quelques jours du départ du premier ministre du Canada, Stephen Harper, pour l'Amérique latine, plusieurs groupes mettent en garde le Canada de ne pas conclure d'accord de libre-échange avec la Colombie.
Alors que Stephen Harper s'apprête à entamer un voyage en Amérique latine, plusieurs groupes, dont Amnistie internationale, demandent au Canada de ne pas conclure d'accord de libre-échange avec Bogota.
En effet, le Congrès du travail du Canada, Amnistie internationale et le Conseil canadien pour la coopération internationale soutiennent que les droits de la personne ne sont pas assez respectés en Colombie pour qu'Ottawa signe un accord avec Bogota.
Selon eux, les droits de la personne devront être au coeur des entretiens qu'aura M. Harper avec les représentants colombiens, comme il l'avait fait lors d'un récent voyage en Chine.
Depuis 1991, plus de 2000 chefs syndicaux ont été assassinés en Colombie. Des milliers d'autres ont été enlevés, torturés ou sont carrément disparus. Le Canada ne peut donc signer un accord de Libre-échange dans ces circonstances, affirment les organisations.
Les groupes demandent aussi que les minières canadiennes établies en Amérique latine, dont la Colombie, respectent les droits des populations locales comme elles devraient le faire au Canada et qu'elles rendent des comptes. Amnistie internationale demande d'ailleurs une enquête sur le sort réservé à Kimy Pernia Domico, un leader autochtone colombien venu au Canada il y a six ans pour exprimer l'opposition de son peuple à un développement minier dans son pays. ll a été assassiné après son retour en Colombie.
Le président colombien Alvaro Uribe
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AFP/Rodrigo BUENDIA
La situation des droits de la personne en Colombie ne préoccupe pas que les organisations canadiennes. En raison du piètre état des droits de la personne et du problème que posent toujours les groupes paramilitaires, le Congrès des États-Unis vient en effet de s'opposer à la conclusion d'un accord de libre-échange avec la Colombie. Le Canada doit faire de même, disent les organisations.
Le premier ministre Harper est attendu le 15 juillet en Colombie. Il sera reçu par le président Alvaro Uribe. Il se rendra aussi au Chili, à la Barbade et en Haïti.
Mettre le modèle canadien de l'avant
Par ailleurs, selon un haut responsable canadien, le premier ministre tentera surtout, lors de son périple, de défendre le modèle canadien afin de contrer l'influence du président vénézuélien, Hugo Chavez.
« Les pays de cette région sont confrontés à plusieurs défis. Nous pensons qu'il y a des secteurs où le Canada peut aider. Nous pensons que le modèle canadien et la façon dont nous abordons certains enjeux, auxquels ils sont aussi confrontés, peuvent leur être utiles », a dit le responsable, qui a requis l'anonymat.
Selon lui, la façon de faire du Canada pourrait être une alternative « viable au modèle vénézuélien », dont l'influence se fait de plus en plus sentir en Amérique latine.
Hugo Chavez, allié du dirigeant cubain Fidel Castro, est la bête noire des États-Unis en Amérique latine, et ne dispose pas de beaucoup plus de sympathie à Ottawa.