Dossier

Scandale des commandites
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La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a effectué mercredi une perquisition au domicile de Jacques Corriveau, l'un des témoins-clefs de la commission Gomery sur les malversations du programme fédéral des commandites.
La perquisition au domicile de Saint-Bruno-de-Montarville, au sud de Montréal, a débuté vers 7 h 30 du matin et a duré environ trois heures. En tout, les policiers ont emporté une cinquantaine de boîtes de documents.
Jacques Corriveau était présent sur les lieux, mais il n'a pas été arrêté. La GRC a précisé qu'aucune arrestation n'avait été prévue au cours de l'opération.
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L'intervention des policiers visait principalement à trouver des preuves afin d'étayer l'enquête que la police a lancée en 2006 à propos du scandale des commandites. « Ce qui est recherché ici, ce sont des documents, des données informatiques et différentes autres pièces à conviction qui pourraient étayer la preuve que les policiers détiennent en ce moment », a indiqué a le caporal Sylvain L'Heureux, de la GRC.
Les allégations précises contre M. Corriveau demeurent secrètes puisque les mandats de perquisition sont toujours sous scellés. La GRC se contente de dire qu'elle cherche des preuves démontrant que M. Corriveau a bénéficié des fruits de la criminalité.
« Aucune idée »
![]() Jacques Corriveau lors de son témoignage devant la commission Gomery. |
Jacques Corriveau est l'homme d'affaires qui a fondé l'agence Pluri Design. L'étroite participation de son entreprise avec le gouvernement canadien l'a placé au centre du scandale fédéral des commandites. L'homme d'affaires a empoché des millions de dollars grâce à ce programme.
Dans son rapport final sur le scandale des commandites, le juge John Gomery avait décrit Jacques Corriveau comme étant « l'acteur principal d'un dispositif bien huilé de pots-de-vin qui lui a permis de s'enrichir personnellement et de donner de l'argent et des avantages au PLC ».
Le témoignage de Jacques Corriveau devant la commission n'avait cependant pas permis d'en apprendre beaucoup sur son rôle dans le programme des commandites. L'homme d'affaires l'avait d'ailleurs commencé en émettant un avertissement sur sa mémoire défaillante. À plusieurs questions des avocats, il répétait inlassablement la même réponse: « aucune idée ».
Au cours des audiences, il avait toutefois admis avoir reçu quelques millions de dollars grâce à ce programme. Mais il s'est contredit sur la nature de cette somme, qu'il a décrite à la fois comme des commissions reçues de firmes travaillant pour le programme et comme des honoraires pour ses services de démarchage.
Ce sont donc les autres acteurs du scandale des commandites qui ont révélé le rôle de M. Corriveau. Ainsi, Jean Brault l'a identifié comme l'intermédiaire qui récoltait de l'argent des commandites pour le Parti libéral, des sommes qu'il aurait remises en argent comptant à l'ancien président de l'aile québécoise du PLC, Michel Béliveau.
Après la publication du premier rapport Gomery, Jacques Corriveau a été banni à vie du PLC par le premier ministre de l'époque, Paul Martin.
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