Harper aura son propre programme

Les changements climatiques seront un des thèmes importants du sommet du G-8 qui se tiendra la semaine prochaine à Heiligendamm, en Allemagne, et le Canada compte bien se faire entendre.

Le premier ministre canadien devrait tenter de concilier les positions européenne et américaine sur la lutte aux changements climatiques, tout en cherchant un accord qui réponde aux besoins spécifiques du Canada.

Stephen Harper Stephen Harper (archives)

Les dirigeants des huit pays les plus industrialisés tentent en effet toujours de s'entendre sur les façons de mener la lutte au réchauffement de la planète lorsque viendra à échéance le protocole de Kyoto, en 2012. De hauts responsables canadiens indiquent que le premier ministre Stephen Harper tentera de les convaincre de prendre en considération les défis auxquels fait face le Canada dans sa lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Selon eux, toute entente acceptable devrait tenir compte de l'économie croissante, de la population et de l'industrie pétrolière du pays, sans toutefois donner plus de précision.

Toutefois, un responsable soutient que la position que défendra le premier ministre devrait être en lien avec le plan vert présenté récemment par le ministre de l'Environnement, John Baird. Selon lui, ce plan, même s'il a été conçu pour le Canada, permettrait de faire avancer la lutte aux changements climatiques au niveau international.

Le ministre John Baird lorsqu'il a présenté son plan de réduction des GES. Le ministre John Baird lorsqu'il a présenté son plan de réduction des GES.   © PC/Adrian Wyld

Selon ce plan, les industries canadiennes, tous secteurs confondus, devront réduire l'intensité de leurs émissions de GES de 18 % d'ici 2010, par rapport à leur niveau de 2006. Elles devront par la suite les réduire annuellement de 2 % de plus, jusqu'en 2020.

Il est important de souligner que le plan prend pour année de référence 2006, et non 1990, comme le prévoit le protocole de Kyoto. Or, le Canada dépasse déjà actuellement de 34 % les cibles fixées par Kyoto.

« Nous avons notre propre plan. Ce n'est pas le plan allemand. Ce n'est pas le plan américain. C'est un plan canadien avec de très bons éléments pour faire baisser les émissions de GES », a déclaré la porte-parole de M. Harper, Sandra Buckler.

Lors du sommet du G8, la chancelière allemande, Angela Merkel, voudrait proposer de limiter à 2 degrés Celsius le réchauffement par rapport à 1990, en réduisant de 50 % les émissions de GES d'ici 2050 par rapport à leur niveau de 1990. Washington déjà rejeté cette position.

La position canadienne à ce sujet n'a pas été précisée, mais le gouvernement Harper a indiqué qu'il tentera de jouer un rôle de conciliateur entre l'Europe et les États-Unis.