Un goût amer

glacier

À la veille de l'ouverture de la conférence tripartite sur l'intégration de l'Amérique du Nord, à Calgary, de nombreux groupes politiques et environnementaux au pays ont réitéré leur opposition à la marchandisation de l'eau.

Des groupes politiques et environnementaux invitent Ottawa à se retirer de toute négociation sur l'eau avec le secteur privé, à la veille de l'ouverture de la Conférence sur l'intégration de l'Amérique du Nord à Calgary.

Cette rencontre, intitulée « North American Future 2025 Project », réunira des hauts fonctionnaires et des chefs d'entreprise du Canada, du Mexique et des États-Unis et se tiendra à huis clos.

Les intervenants entendent discuter d'un certain nombre de sujets controversés, dont l'utilisation optimale conjointe de l'eau sur le continent. Il devrait être question d'exportation d'eau en vrac, de transfert d'eau, de consommation et de dérivation artificielle de cours d'eau.

Certains craignent que ces discussions ne débouchent sur des projets d'exportation massive d'eau douce du Canada vers les États-Unis.

Selon Québec solidaire, le gouvernement fédéral n'a reçu aucun mandat de la population pour débattre de ces questions avec des groupes de pression privés. Le porte-parole du parti politique de gauche, Amir Khadir, affirme que l'eau n'est pas une marchandise et que son équipe ne laissera pas un gouvernement dilapider un bien public.

D'autres groupes, comme le Conseil des Canadiens, s'inquiètent que les consultations se déroulent à huis clos. Ils déplorent le manque de transparence des opérations et l'absence de consultation publique.

La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau, Eau Secours!, s'oppose à la continentalisation de l'eau à des fins marchandes et à des considérations géopolitiques du continent.

Elle demande au gouvernement Harper de cesser de négocier avec le gouvernement américain et des groupes de lobbyistes comme le Center for Strategic and International Studies des États-Unis, le Conference Board of Canada et le Centro de Investigación y Docencia Económicas du Mexique.

Dans une lettre, la Coalition demande aussi au premier ministre du Québec d'intervenir publiquement dans ce dossier, pour protéger la juridiction du Québec et défendre le fait que la province est fiduciaire de l'eau mondiale sur notre territoire.

L'autre porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, réclame aussi que le gouvernement canadien respecte l'entente intervenue entre les États limitrophes, aux États-Unis, de même qu'avec l'Ontario et le Québec, sur la protection du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs.

En fait, les groupes craignent que les États-Unis ne s'emparent de l'eau du Canada tout comme ils ont pris le contrôle d'une bonne partie du gaz et du pétrole canadiens.

Le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, souligne que « les lois fédérales et provinciales interdisent les dérivations et exportations massives des eaux canadiennes ». Mais, dans ce contexte, la Coalition s'interroge sur la pertinence d'inclure le sujet à l'ordre du jour de la réunion.