Adil Charkaoui veut rétablir sa réputation

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Adil Charkaoui demande au gouvernement de revoir son dossier en profondeur et de blanchir son nom, à la lumière des récents aveux du terroriste Ahmed Ressam publiés la semaine dernière dans le Journal de Montréal.

Le montréalais d'origine marocaine, toujours sous le coup d'un certificat de sécurité, demande à Ottawa de rouvrir son dossier à la lumière des récents aveux du terroriste Ahmed Ressam qui l'innocentent.

Le montréalais d'origine marocaine demande en outre la tenue d'une commission d'enquête publique sur son cas, à l'instar de celle instaurée pour Maher Arar, afin que la preuve retenue contre lui soit rendue publique.

Lors d'une conférence de presse à Ottawa en compagnie de représentants des partis d'opposition, Adil Charkaoui a soutenu que la nouvelle version des faits présentés par M. Ressam, tout comme celle d'un autre suspect de terrorisme, Noureddine Nfiâ, permet de conclure que la preuve à son endroit a été inventée de toutes pièces.

Ahmed Ressam, détenu aux États-Unis, a reconnu avoir menti aux services secrets canadiens en 2002 en alléguant avoir croisé Adil Charkaoui dans un camp d'entraînement islamiste en Afghanistan.

Noureddine Nfiâ, un autre suspect de terrorisme détenu au Maroc, est revenu, en juin dernier, dans une lettre dévoilée par Radio-Canada, sur la présence de M. Charkaoui dans un camp d'entraînement au Pakistan. Il dit avoir fait ces aveux sous la torture.

Le témoignage d'un autre terroriste allégué, Abu Zubayda, avait déjà été rejeté par la Cour fédérale du Canada parce que peut-être obtenu sous la torture.

M. Charkaoui demande au ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, et à la ministre de l'Immigration, Diane Finley, d'écarter en conséquence de son dossier toute la preuve obtenue sous la torture.

Adil Charkaoui a été détenu pendant 21 mois en vertu d'un certificat de sécurité. Il vit à Montréal où il est en liberté conditionnelle depuis février 2005. Il a obtenu la permission exceptionnelle de sortir de l'île de Montréal, mercredi, afin de rencontrer des députés et des journalistes à Ottawa.

Des conditions de libération trop sévères

Les représentants des trois partis d'opposition estiment à l'unisson que les conditions de libération pour M. Charkaoui sont trop sévères.

Ils demandent aussi à ce que le ministre de la Sécurité publique dévoile les preuves supplémentaires qu'il dit détenir. Stockwell Day met de l'avant ces preuves pour justifier son refus de rouvrir le dossier, ce que dénonce vertement M. Charkaoui.

« Je trouve que c'est faire preuve de mépris et d'incompétence que de se prononcer sans avoir pris la peine d'examiner de nouveau le dossier à la lumière de la décision de la Cour suprême et surtout à la lumière des révélations d'Ahmed Ressam », a-t-il dit.

En février, la Cour suprême du Canada a donné un an au gouvernement pour modifier la loi sur les certificats de sécurité afin de permettre à la défense d'avoir accès à l'essentiel des éléments retenus contre les accusés.

En mars, le plus haut tribunal du pays a également accepté d'examiner une contestation du certificat de sécurité émis contre Adil Charkaoui.