Lafleur de retour en cour

Jean Lafleur

L'enquête pour remise en liberté du publicitaire Jean Lafleur a lieu vendredi matin, au palais de justice de Montréal.

L'ex-dirigeant de Lafleur Communications, qui fait face à 35 accusations de fraude plaide non coupable à certains chefs. Il subit son enquête pour remise en liberté ce matin.

M. Lafleur a brièvement comparu en cour, jeudi après-midi, pour répondre à 35 accusations de fraude en lien avec le programme des commandites. Il a plaidé non coupable à certains chefs, et la Couronne s'est objectée à sa remise en liberté immédiate.

Selon la Couronne, il s'agit d'une procédure normale, compte tenu du peu d'information sur la résidence de l'homme de 66 ans qui était au Belize, en Amérique centrale, jusqu'à tout récemment.

Jean Lafleur s'est vu interdire de communiquer avec 48 personnes de son entourage pendant son procès.

M. Lafleur s'est rendu aux autorités à sa descente d'avion à l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau dans la nuit de mercredi à jeudi. Un mandat d'arrestation avait été lancé à son endroit vendredi dernier.

Selon la Sûreté du Québec (SQ), M. Lafleur avait communiqué, par l'intermédiaire de son avocat, avec un substitut du procureur général, mardi, pour dire qu'il avait l'intention de se rendre aux autorités.

La porte-parole de la SQ, Chantal Mackels, a expliqué que la force policière a dû faire sa propre enquête et revoir tous les éléments du dossier de M. Lafleur, ce qui a retardé le dépôt des accusations. La SQ a rencontré plus de 300 témoins et analysé plus de 4250 fichiers électroniques, ainsi qu'au-delà de 200 000 pages de documentation comptable.

Figure-clé du scandale

Jean Lafleur, figure-clé du scandale des commandites, est visé par 35 chefs d'accusation pour des fraudes commises de septembre 1996 à mai 2001. Les fraudes totaliseraient plus de 1,5 million de dollars. M. Lafleur avait bénéficié de contrats relativement aux commandites offertes par le gouvernement fédéral par le biais du ministère des Travaux publics.

La plus importante fraude concerne l'événement Bluenose II, pour lequel M. Lafleur aurait empoché plus de 360 000 $.



M. Lafleur avait été appelé à témoigner à la commission Gomery sur le scandale, en mars 2005. Il avait livré un témoignage rempli de trous de mémoire. Dans son rapport final, le juge Gomery avait d'ailleurs souligné que le publicitaire avait préféré « passer pour un imbécile plutôt que de dire la vérité ».

Lafleur Communications avait obtenu pour 65 millions de dollars de contrats du gouvernement fédéral entre 1995 et 2003, et avait empoché plus de 36 millions en commissions, frais professionnels et dépenses de toutes sortes.

Il n'avait pas été revu depuis son témoignage. En décembre 2005, M. Lafleur avait fait la manchette à la suite de plaintes à son égard par ses voisins au Costa Rica. L'homme d'affaires n'avait pas fait parler de lui depuis.

Le cas de Jean Lafleur est similaire à ceux de Jean Brault et de Paul Coffin, qui ont tous deux été reconnus coupables de délits commis dans le cadre du scandale des commandites. Ils avaient reçu des peines respectives de 30 mois et de 18 mois d'emprisonnement.