Maher Arar (archives)
Nouveau rebondissement dans l'affaire Maher Arar. Après enquête, l'Union européenne arrive à la conclusion que l'Italie a servi de relais à la CIA pendant qu'elle transportait le citoyen canadien de Washington vers la Syrie.
L'Union européenne demande à Rome de s'excuser officiellement et d'indemniser l'ingénieur canadien pour avoir servi de relais dans le vol américain qui l'a amené en Syrie, où il a été torturé.
Bruxelles demande donc au gouvernement italien de fournir des excuses officielles à M. Arar et de l'indemniser pour avoir été complice dans cette affaire.
Le rapport rendu public jeudi est l'aboutissement d'une année d'enquête sur les transports et détentions illégales de la CIA en Europe. La Commission européenne n'a pas obtenu la preuve irréfutable de la « restitution extraordinaire » du citoyen canadien, mais elle a accumulé assez d'éléments pour savoir que plusieurs pays fournissent leurs espaces militaires afin que la CIA y installe des lieux de détention secrets.
Le rapport blâme l'Italie pour son manque de collaboration au moment de l'enquête et signale qu'au moins huit autres individus ont mis le pied dans le pays avant d'être dirigés vers d'autres lieux.
Dans un rapport publié en juin 2006, le Conseil de l'Europe était arrivé aux mêmes conclusions et avait accusé 14 pays d'avoir collaboré étroitement avec la CIA. Menée par le suisse Dick Marty, l'enquête avait découvert l'existence de plusieurs « sites noirs ».
Maher Arar a été blanchi, en septembre, de tous les soupçons qui pesaient contre lui. Au terme d'une longue enquête, le juge Dennis O'Connor n'a trouvé aucune preuve pouvant le lier de près ou de loin à des activités terroristes.