Entêtement américain

Maher Arar Maher Arar

L'affaire Arar ne semble pas être close. L'ambassadeur des États-Unis au Canada, David Wilkins, critique le gouvernement canadien, auquel il reproche ses efforts en vue d'obtenir le retrait du nom de Maher Arar de la liste américaine des personnes à surveiller pour des raisons de sécurité.

L'ambassadeur des États-Unis à Ottawa, David Wilkins, déplore les efforts du Canada pour faire retirer le nom de Maher Arar de la liste de surveillance américaine.

Réhabilité par la justice canadienne, ce Canadien d'origine syrienne est toujours interdit de séjour aux États-Unis. Il y avait été détenu avant d'être déporté en Syrie, où il a été torturé.

De passage à Edmonton, M. Wilkins a affirmé que le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, faisait fausse route et qu'il devait renoncer à ces tentatives parce que les États-Unis avaient décidé, au terme d'un examen, du maintien de M. Arar sur la liste de surveillance.

L'ambassadeur a estimé qu'il était quelque peu « présomptueux » de la part de M. Day de dicter aux États-Unis qui ils pouvaient accepter ou refuser chez eux. Il a ajouté que les autorités canadiennes n'accepteraient jamais, avec raison, qu'un responsable américain leur dise qui elles devraient tolérer ou non sur leur territoire.

Pour sa part, Stockwell Day ne voit aucun élément nouveau, dans le dossier américain, qui justifierait le maintien de Maher Arar sur la liste des indésirables, alors que ce dernier a été exonéré de tout lien terroriste au Canada.

Par ailleurs, la rencontre que devait avoir à Washington le secrétaire à la Justice, Alberto Gonzales, et le sénateur Patrick Leahy au sujet de Maher Arar, n'a toujours pas eu lieu. L'influent sénateur du Vermont et président du comité des affaires judiciaires veut connaître les raisons pour lesquelles Maher Arar a été envoyé en Syrie plutôt qu'au Canada, en sachant qu'il y serait torturé.

Dans son rapport rendu public en septembre dernier, le juge Dennis O'Connor a entièrement blanchi Maher Arar de tous les soupçons qui pesaient sur lui.