Le premier ministre Stephen Harper a dévoilé vendredi un nouveau volet de son virage vert.
Le premier ministre Harper annonce un programme de 1,5 milliard de dollars pour augmenter la production d'énergie renouvelable. L'opposition soutient qu'il ne tente que de se rattraper dans l'opinion publique.
Lors d'un passage en Colombie-Britannique, M. Harper a annoncé un investissement de 1,5 milliard de dollars sur 10 ans pour le développement de nouvelles sources d'énergies renouvelables.
Les sommes investies serviront à stimuler la production d'énergie propre comme l'énergie éolienne, l'énergie marine et de petits projets hydroélectriques.
Selon Ottawa, ces projets pourraient produire jusqu'à 4000 mégawatts d'électricité et entraîneraient une importante réduction des émissions des gaz à effet de serre. Selon M. Harper, cette initiative « vise à utiliser l'environnement afin de protéger notre environnement » pour donner « un air plus pur et moins de gaz à effet de serre. »
Le programme comprend aussi un deuxième volet pour inciter les entreprises à utiliser des technologies propres. Ottawa va ainsi distribuer 35 millions de dollars en subventions pour favoriser l'utilisation d'énergie renouvelable, comme l'énergie solaire, pour la climatisation, le chauffage et l'eau chaude dans les immeubles.
Un plan déjà critiqué
L'opposition à Ottawa n'a pas tardé à réagir à l'annonce du premier ministre. Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, dit que l'annonce de M. Harper ne sert qu'à des fins électoralistes. « À mon avis il [M. Harper] a compris les sondages. Il n'a pas les convictions qu'il faut à tout prix pour le Canada avoir un développement économique durable et prendre à bras le corps la question des changements climatiques. Faute d'imagination, tout ce qu'il fait c'est se dire: bon, j'ai fait des compressions, je vais les annuler. »
« Lors de la campagne de 2004, il disait que ça [les gaz à effets de serre] n'existait pas, que c'était une lubie du Parti libéral. Difficile de croire que, tout d'un coup, il est un homme convaincu », a-t-il ajouté.
Le chef libéral a ensuite lancé un message au premier ministre: « M. Harper, mettez en place le plus tôt possible une réglementation au sujet de la réduction des émissions de gaz à effets de serre pour les grands émetteurs au Canada, y compris l'industrie des sables bitumineux. »
Le critique du Bloc québécois en matière d'environnement, Bernard Bigras, se dit lui aussi très peu impressionné par l'annonce du premier ministre. Selon lui, M. Harper ne fait que recycler des vieilles annonces. « L'annonce qui a été faite par le gouvernement Harper aujourd'hui est ni plus ni moins que l'annonce de programmes qui avaient déjà été annoncés par le gouvernement libéral précédent. » Enfin, M. Bigras affirme que les sommes annoncées sont trop minimes pour que le Canada puisse respecter les objectifs du protocole de Kyoto. « On est très loin d'un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre. »
Vers d'autres annonces
Dimanche, le gouvernement fédéral devrait ajouter un programme d'efficacité énergétique pour les résidences. Cela remplacerait l'ancien programme EnerGuide... aboli par les conservateurs au printemps 2006.
Le gouvernement voudrait entre autres faire la promotion d'appareils écoénergétiques pour la maison, comme des climatiseurs ou des lave-vaisselle à faible consommation d'énergie.
Mercredi dernier, le ministre de l'Environnement, John Baird, a annoncé l'octroi de 230 millions de dollars pour la recherche et le développement dans le domaine des énergies propres.