Cri d'alarme de Roméo Dallaire

Roméo Dallaire lance un cri d'alarme pour le Darfour

Roméo Dallaire souhaite que le Canada et la communauté internationale s'impliquent de façon beaucoup plus sérieuse au Darfour.

Le général à la retraite met sur pied un groupe de prévention des génocides qui vise à faire pression sur le Canada afin qu'il s'implique davantage pour régler le conflit au Darfour.

À cette fin, le général à la retraite et sénateur vient de créer un groupe multipartite dont font partie des élus du Sénat et de la Chambre des communes. Ceux-ci tenteront d'influencer le gouvernement et la population canadienne, notamment en posant des questions en Chambre et en donnant des entrevues.

« L'objectif est de prévenir les génocides, pas de ramasser les morceaux après. Nous devons mettre de la pression afin que notre pays prenne des actions à la mesure d'une puissance militaire moyenne, comme la nôtre. »

Un génocide toléré

Depuis 2003, le gouvernement soudanais, appuyé par de miliciens djandjawids, est engagé dans un conflit avec les rebelles du Darfour, une province de l'ouest du pays. Khartoum y mène une campagne de « purification ethnique » contre les populations appartenant aux mêmes groupes ethniques que les rebelles.

Le conflit a jusqu'ici tué plus de 200 000 personnes et déplacé plus de 2 millions de civils. Khartoum refuse le déploiement de soldats de l'ONU, prétextant le respect de sa souveraineté. L'ONU n'a imposé, à ce jour, aucune sanction contre le Soudan.

Rebelle au Darfour Rebelle au Darfour

« En refusant l'aide d'une force de l'ONU pour protéger les Darfouriens, le gouvernement soudanais a pris la décision d'être un gouvernement génocidaire », dit M. Dallaire.

En 2005, l'Assemblée générale de l'ONU a accepté la doctrine de sécurité protégée, qui oblige la communauté internationale à intervenir dans un pays où un gouvernement abuse des droits de la personne, souligne M. Dallaire. « Alors que nous avons une occasion idéale de mettre cette doctrine en pratique, les divers gouvernements affirment qu'ils n'ont pas assez de troupes pour y aller », déplore le général à la retraite.

M. Dallaire explique l'inaction des gouvernements occidentaux par l'absence d'intérêts stratégiques. « Au Darfour, tout comme au Rwanda, il n'y a que des êtres humains. Ces pays n'ont aucune valeur aux yeux des grandes puissances, dont le Canada, qui sont beaucoup plus intéressé par ce qui leur revient que par ce qu'ils peuvent donner à l'humanité. »

Traumatisé du Rwanda

Roméo Dallaire a commandé la force de maintien de la paix de l'ONU lors du génocide rwandais en 1994. Il a commencé à témoigner lundi devant le tribunal de l'ONU qui en juge les responsables.

M. Dallaire témoigne par liaison vidéo à partir de Toronto, en raison du stress post-traumatique qu'il a subi lors du génocide et de son incapacité de se rendre en Tanzanie, où se déroule le procès.

M. Dallaire a expliqué que le rôle de la force onusienne était de présider à « la formation d'un gouvernement d'unité nationale », ce qui avait été rendu impossible par l'assassinat du président rwandais Juvenal Habyarimana, dont l'avion a été abattu alors qu'il revenait dans la capitale, Kigali, le 6 avril 1994.

Le président Habyarimana revenait à Kigali après avoir tenu des négociations de paix avec les rebelles tutsis. Le génocide a débuté la nuit même où l'avion s'est écrasé. 500 000 Rwandais - la plupart Tutsis et Hutus modérés - ont été massacrés en moins de 100 jours par des extrémistes hutus.

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