Giuliano Zaccardelli (archives)
Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada a offert une version revue et corrigée de son rôle dans l'affaire Arar dans un discours au Canadian Club, lundi.
Le grand patron de la GRC affirme n'avoir appris que cet automne que ses services avaient transmis aux Américains des informations sur Maher Arar, qui ont probablement joué un rôle crucial dans sa déportation en Syrie.
À la veille d'un nouveau passage devant le comité parlementaire sur la sécurité publique à Ottawa, Giuliano Zaccardelli a affirmé n'avoir su que cet automne que ses subordonnées avaient transmis, en 2002, des informations erronées à leurs vis-à-vis américains au sujet du ressortissant canadien Maher Arar.
M. Zaccardelli avait pourtant laissé entendre, devant le même comité, en septembre, qu'il avait pris connaissance de cette erreur de ses services peu après la déportation par les autorités américaines de M. Arar en Syrie, en 2002. « Je me suis personnellement impliqué dans le dossier après que M. Arar eut été détenu et envoyé en Syrie. J'ai demandé à voir le dossier et des documents particuliers relatifs à ce qui s'était passé », avait-il affirmé au comité. Il n'avait toutefois pas fourni de date précise.
Il avait aussi, à cette occasion, affirmé avoir aussitôt tenté de corriger l'information auprès des autorités américaines, sans expliquer pourquoi il n'avait pas alors avoué publiquement l'erreur commise.
Tant les ex-ministres Wayne Easter et Anne McLellan que l'ancien chef du SCRS Ward Elcock, ont soutenu de leur côté n'avoir jamais été informés à l'époque de l'erreur de la GRC.
Pas de divergence
M. Zaccardelli soutient que ses propos de lundi ne contredisent pas ce qu'il a affirmé devant le comité parlementaire. « S'il y a eu méprise, je suis impatient de répondre et d'éclaircir ce point », a-t-il indiqué.
Son point de vue n'est pas partagé par le député libéral Mark Holland, qui qualifie les propos de M. Zaccardelli de contradiction étonnante. Même son de cloche chez le député néo-démocrate Joe Comartin, selon qui le comité parlementaire a eu la nette impression que le patron de la GRC avait pris connaissance de l'erreur du corps policier peu après la déportation de M. Arar.
Maher Arar, un ingénieur syrien d'origine, a été emprisonné un an en Syrie où il fut torturé et contraint à de fausses confessions sur de supposées affiliations terroristes, avant d'être libéré.
Dans son rapport rendu public en septembre dernier, le juge Dennis O'Connor, chargé de l'enquête sur le rôle des responsables canadiens dans les malheurs de Maher Arar, exonérait de tout soupçon ce dernier et dénonçait du même souffle la GRC.
« En prenant les décisions de détenir M. Arar puis de le renvoyer en Syrie, les autorités américaines se sont très probablement appuyées sur l'information concernant M. Arar que leur avait fournie la GRC », affirmait le juge dans son rapport.