Des milliards de dollars en contrats et des exigences de réduction de gaz à effet de serre allégées n'auront pas suffi à attirer Stephen Harper et les entreprises canadiennes à Pékin, où se déroule le premier marché du carbone.
De nombreuses entreprises sont réunies à Pékin pour négocier des milliards de dollars de contrats verts dans le but de réduire leurs exigences en vertu du protocole de Kyoto.
Les compagnies étrangères réunies dans la capitale chinoise veulent proposer de développer des technologies environnementales dans les pays moins riches. Il s'agit d'une manière d'abaisser les exigences du protocole de Kyoto à leur endroit.
Tel que le prévoit l'accord qu'a pourtant signé le Canada, les entreprises des nations plus riches doivent chacune abaisser leur niveau d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2012. Ces émissions doivent baisser de 8 % en Europe par rapport au niveau de 1990, et de 6 % au Canada. Si des entreprises implantent des technologies vertes dans les pays en voie de développement, elles sont récompensées par une baisse des obligations à leur endroit.
Guy Drouin, président de Biothermica Énergie
Étant donné que le gouvernement conservateur n'a pas l'intention de respecter le protocole de Kyoto, les entreprises canadiennes ne participent pas au marché organisé en Chine. Il s'agit d'une occasion d'affaires ratée, selon certains propriétaires d'entreprises canadiennes.
Guy Drouin, président de Biothermica Énergie, estime que « le marché des technologies vertes vaudra 150 milliards de dollars par année pour la période 2008-2012 ». Selon lui, le Canada regarde le train passer plutôt que d'y sauter.
Bourses du carbone
Il ne faut pas confondre le marché du carbone et les bourses du carbone. Bien implantées dans plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne et les États-Unis, les bourses permettent la négociation de crédits de carbone.
Le principe est simple. Les entreprises doivent respecter des quotas d'émission de gaz à effet de serre. Celles qui y parviennent peuvent vendre les tonnes de CO2 non produites à des compagnies qui, elles, ne réussissent pas à atteindre leurs objectifs. Le gouvernement peut aussi en acheter.
Jumelées au marché du carbone, les bourses nationales font partie intégrante d'une démarche globale de réduction des gaz à effet de serre. Un grand parquet international verra le jour en 2008, qui forcera toutes les bourses existantes à s'harmoniser.