Le Canada veut revoir Kyoto

Autre gouvernement, autres orientations.

Le gouvernement Harper demandera une « révision complète » du protocole de Kyoto lors de la Conférence de l'ONU sur les changements climatiques qui aura lieu la semaine prochaine, au Kenya.

Rona Ambrose Rona Ambrose

À la prochaine conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s'ouvre la semaine prochaine à Nairobi, au Kenya, le gouvernement du Canada demandera un nouveau plan d'action pour lutter contre le réchauffement climatique.

En fait, Ottawa demandera une « révision complète » du protocole de Kyoto afin de favoriser les objectifs « à long terme ». C'est ce qu'ont annoncé lundi des responsables gouvernementaux au cours d'une réunion d'information.

Il s'agit d'un changement de cap pour le Canada en cette matière. La dernière conférence des parties avait eu lieu à Montréal, l'an dernier, et avait été présidée par le ministre de l'Environnement de l'époque, le libéral Stéphane Dion. Celui-ci s'était fait le champion de l'application du protocole, signé et ratifié par le Canada.

La ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, fait valoir que le rapport sur les conséquences économiques des changements climatiques, publié lundi par l'économiste britannique Nicholas Stern, appelle lui aussi à une révision du protocole de Kyoto. « C'est une chose que notre gouvernement appuie depuis le début », a-t-elle dit.

Selon les mêmes responsables, plusieurs pays en voie de développement, dont le pays hôte de la conférence, sont toutefois hostiles à une telle « révision en profondeur ». Ils souhaitent que les énergies et le temps soient consacrés à parler des émissions polluantes des pays développés.

Écologistes critiques, écologistes absents

Des groupes écologistes ont accusé le gouvernement de chercher, en demandant une telle révision, à échapper à ses engagements. Mathew Bramley, de l'Institut Pembina, craint par exemple que de telles tergiversations n'éloignent encore le Canada et la planète du passage à l'action.

La délégation canadienne à Nairobi, contrairement à ce qui était la norme sous le gouvernement précédent, ne comptera d'ailleurs aucun représentant du mouvement écologiste.

En ratifiant le protocole de Kyoto, le Canada s'est engagé à réduire d'ici 2012 ses émissions de gaz à effet de serre à 6 % sous leur niveau de 1990. Le gouvernement conservateur juge cet objectif inatteignable, les émissions étant actuellement à 35 % au-dessus du niveau de 1990.