Le Québec en santé?

Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal

Au Canada, c'est le Québec qui contrôle le mieux ses dépenses de santé, selon une étude de l'Institut Fraser publiée mardi.

Selon l'Institut, le Québec sera la dernière province à consacrer 50 % de ses revenus aux soins de santé. Un accès accru au secteur privé expliquerait cette situation.

Le gouvernement Charest y est parvenu en cédant certaines dépenses au secteur privé, a suggéré l'un des auteurs. « Jusqu'à maintenant, le Québec a effectué ce que nous avons recommandé dans ce rapport. Il permet un degré accru de privatisation, sur le plan de la prestation concurrentielle des services publics couverts, et permet plusieurs options en matière de paiement par le secteur privé. »

L'Institut Fraser est un organisme d'idéologie conservatrice qui est en faveur de la privatisation et milite pour un système de santé à deux vitesses.

50 % de revenus?

Dans son étude basée sur les données de Statistique Canada, l'Institut tente aussi de prédire en quelle année les provinces consacreront la moitié de leurs revenus aux soins de santé.

Le Manitoba et la Saskatchewan atteindront ce seuil d'ici 10 ans. Mais pour le Québec, ce sera en 2056: elle sera d'ailleurs la dernière province à franchir cette limite. L'Ontario devrait fracasser les 50 % d'ici 2020.

Un organisme non partisan, l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), en est venu aux mêmes conclusions en se basant sur les dépenses en santé par habitant. Ainsi, pour une sixième année de suite, le Québec est la province qui dépense le moins par habitant en santé.

Cette tendance pourrait s'expliquer de deux manières. D'une part, le Québec dépense moins en soins de santé. D'autre part, il permet aux médecins de pratiquer hors du système public et aux cliniques de radiologie privées de se multiplier.

De son côté, la Coalition canadienne de la santé voit les choses tout autrement. Selon elle, la proportion du produit intérieur brut consacré à la santé stagne depuis 25 ans.