Le cas Charkaoui

L'équipe de Zone libre a aussi rencontré Adil Charkaoui. Ce dernier a été arrêté par la GRC (Gendarmerie royale du Canada) en 2002, après les attentats à Casablanca, en vertu d'un certificat de sécurité. Une procédure qui permet au gouvernement d'arrêter des étrangers considérés comme une menace et de les emprisonner sans avoir à révéler les détails de la preuve.

Adil Charkaoui

Libéré en partie grâce aux pressions des médias, il est soumis à des conditions de libération très dures. Il doit respecter un couvre-feu le soir et la nuit, et il ne peut sortir de jour qu'en présence d'un membre de sa famille.

On l'accuse de diriger une cellule dormante du GICM (Groupe islamiste de combat marocain). Selon la partie publique de la preuve, Ahmed Ressam l'aurait reconnu dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda, mais les avocats de Charkaoui n'ont jamais pu contre-interroger Ressam. Adil Charkaoui: « Mais je pense qu'il faut que ça arrête à un certain moment. Il faut que ces gens-là arrêtent de me persécuter, parce que c'est de la persécution. Ce n'est plus de l'enquête. Une enquête peut durer un an, deux ans, trois ans. Ils enquêtent sur mon cas depuis 99. »

Des musulmans dangereux?

Charkaoui, Kamel et Ouzghar. Trois individus de même origine, des musulmans du Maghreb. Arrivés ici au durant les années 90, ils seraient encore, selon les policiers, des menaces à la sécurité du Canada. Ils coûtent des fortunes en surveillance. Eux se disent victimes de profilage racial et d'abus de pouvoir de la part d'un système de justice qui manque de transparence. Trois cas connus, mais des centaines d'autres personnes, des citoyens comme les autres, se disent, elles aussi, des victimes de notre obsession pour la sécurité.