Le sénateur Colin Kenny
Le sénateur Colin Kenny est un des grands spécialistes des questions de sécurité au Canada. Il préside, au Sénat, le Comité permanent de la sécurité nationale et de la défense. À son avis, les changements apportés depuis le 11 septembre 2001 sont surtout symboliques. Le sénateur: « [...] Nous savons que c'est possible de déjouer les contrôles. Si nous n'avons pas eu d'attaques, c'est parce qu'on a été chanceux. [...] Nous avons un gouvernement qui essaie de sauver les apparences pour que les Canadiens se sentent en sécurité. »
Selon Colin Kenny, on néglige de surveiller le personnel des aéroports, que ce soit les bagagistes, les préposés à l'entretien ou les mécaniciens. Le sénateur cite la GRC, qui aurait déclaré avoir les moyens de surveiller seulement le tiers du personnel. On ne fouille pas non plus les véhicules qui circulent dans les aéroports, explique Colin Kenny. Le sénateur: « La question fondamentale que je pose au gouvernement est la suivante: pourquoi soumet-on des gens comme vous et moi à des fouilles complètes, alors qu'on ne fouille pas les gens qui sont en mesure d'introduire des choses à bord? »
Le sénateur Kenny n'est pas du tout impressionné par la nouvelle marotte des responsables de la sécurité au Canada: l'intégration des ressources et la coordination des renseignements. Son comité a découvert que le courrier embarqué dans les avions n'était pas inspecté, parce que tout le monde se renvoie la balle.
Colin Kenny dénonce aussi les déficiences du système de contrôle du fret, encore assumé par les compagnies aériennes.
Quant à la surveillance des ports, n'en parlons pas. Dans un rapport en 2005, le comité du Sénat sur la sécurité nationale et la défense avait déjà dénoncé une situation inquiétante dans les points d'entrée maritimes et terrestres. Par exemple, 19 ports du Canada se partagent un effectif de 29 officiers de la GRC. Le sénateur Kenny: « Il n'y a rien de plus simple que d'envoyer au Canada un conteneur dans lequel on aurait dissimulé un dispositif nucléaire. Si nous laissons entrer quelque chose à Montréal, qui est ensuite expédié à New York, des Américains mourront et, pour nous, les conséquences seront très graves, puisque la frontière sera complètement fermée. »