Sur les traces d'Ouzghar et de Kamel

L'équipe de Zone libre a retrouvé au Canada deux autres personnages auxquels s'intéressait la justice française: Abdallah Ouzghar et Fateh Kamel.

Fateh Kamel et Abdallah Ouzghar

Arrêté en Jordanie en 1999, Fateh Kamel a été condamné en France pour participation à un groupe terroriste et fabrication de faux documents. Libéré en janvier 2005, il est rentré au pays, à Montréal. Il y travaille notamment comme chauffeur de taxi, il est marié à une Québécoise et a un garçon. Le gouvernement canadien refuse de renouveler son passeport, ce qu'il conteste en cour. Dans les documents déposés devant les tribunaux, les autorités canadiennes affirment qu'il constitue encore une menace.

Nous avons joint Fateh Kamel. Il refuse de donner des entrevues formelles et ne veut pas qu'on diffuse des images de lui. Au téléphone, il clame son innocence et se dit victime des médias: « C'étaient des gens (les médias) qui m'ont condamné et qui ont préparé l'opinion publique, ils ont préparé les juges à faire un monstre et on est devenus des criminels de guerre, malheureusement. »

Abdallah Ouzghar refuse lui aussi de parler aux médias. Lors d'un voyage au Maroc à la fin des années 90, il a été arrêté par les services secrets marocains, puis mystérieusement relâché. Il a ensuite quitté Montréal pour Hamilton, en Ontario, où il a trouvé un emploi d'informaticien à l'ACFO (Association canadienne française de l'Ontario). Mais en novembre 2001, il a été arrêté, à la demande des Français. Ces derniers l'avaient condamné in absentia en 2001 pour complicité avec la bande de Roubaix. Ouzghar se bat maintenant pour éviter d'être extradé vers la France.

L'inspecteur Marcel Savard, de la Sûreté du Québec

Ces deux Canadiens d'origine maghrébine - Kamel et Ouzghar - sont-ils encore dangereux? Les Français, eux, le croient. Louis Caprioli, ancien cadre de la DST: « À la lumière de ce que nous connaissons, nous voyons que des gens qui ont été condamnés et qui sont ressortis de prison plongent dans la clandestinité, mais plongent dans la clandestinité d'une façon très professionnelle. »

En tout cas, au Québec, les policiers ne semblent pas avoir peur de Fateh Kamel. L'inspecteur Marcel Savard, chef de service de la lutte contre le terrorisme à la Sûreté du Québec: « Les autorités compétentes sont bien au fait de la présence de l'individu et s'il y avait un danger pour le Canada, il y aurait une intervention certainement des autorités. »

Johanne Doyon, l'avocate de Fateh Kamel prétend qu'il a droit à la réhabilitation. Quant à l'avocat d'Ouzghar, il croit que les présomptions à propos de son client ne tiennent pas la route.