Ambivalence dans l'opinion canadienne

Cinq ans après les attentats du 11 septembre, les Canadiens semblent très partagés sur les causes profondes de la tragédie et sur la nécessité de se rapprocher ou non des États-unis pour répondre à la menace terroriste.

Un sondage montre que les Canadiens sont très partagés sur les causes profondes des attentats du 11 septembre 2001 et sur la nécessité de se rapprocher des États-Unis pour répondre à la menace.

Le 11 septembre 2001 vu du Canada   © AFP/J.P. Moczulski

C'est ce qui ressort d'un sondage d'opinion Léger-Marketing commandé par l'Association d'études canadiennes.

Ainsi, les deux tiers des Canadiens sont convaincus que de nouvelles attaques majeures contre les États-unis sont imminentes, mais ils ne sont plus qu'un seul tiers à croire que la même menace pèse sur le Canada.

L'enquête Léger-Marketing souligne en fait l'ambivalence de l'opinion face au grand voisin du sud, 67 % des Canadiens expliquant les événements du 11 septembre 2001 par la réaction des fondamentalistes musulmans face à l'Occident. En outre, 63 % des répondants attribuent les attentats à la politique étrangère de Washington. Ce sentiment est encore plus répandu au Québec, où cette perception est partagée par 77 % des répondants.

Les Canadiens sont divisés à peu près à égalité entre ceux qui pensent qu'il faudrait se rapprocher de Washington pour contrecarrer le terrorisme et ceux qui pensent le contraire. Les mêmes divisions existent à propos des mesures antiterroristes adoptées par Washington. En effet, 58 % des Québécois et 60 % des Britanno-Colombiens doutent de leur efficacité, mais les sceptiques ne sont plus que 46 % chez les Ontariens.

L'enquête de Léger-Marketing révèle une autre tendance: une minorité de Canadiens, soit 31 %, estiment que les attentats du 11 septembre résultent principalement des actions d'Israël au Proche-Orient. Au Québec, cette opinion est beaucoup plus répandue, avec 38 % des Québécois qui considèrent que la politique israélienne est un facteur explicatif de la montée du terrorisme.

Le sondage a été mené auprès de 1508 personnes du 22 au 27 août. Il comporte une marge d'erreur de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.