
Le Canada après le 11 septembre
Journaliste : Nicolas Duguay
Depuis maintenant cinq ans, les autorités canadiennes et les principaux acteurs de la société civile tentent de trouver un point d'équilibre entre la lutte contre le terrorisme et le respect de tout ce qui fait du Canada un espace démocratique.
![]() Photo: Luc Lavigne |
Comment, en effet, accorder dans la même réalité et sans trop de dissonances la démocratie, la liberté de circulation ou d'association à des concepts tels que la biométrie, le profilage, le certificat de sécurité et l'emprisonnement sans procès ni accusation?
Comment peut-on garantir à tous les citoyens le respect de l'intégralité de leurs libertés lorsque l'appareil sécuritaire de l'État craint, souvent avec raison, que les terroristes ne se servent de ces mêmes libertés pour parvenir à leurs fins?
En fait, puisqu'il est fort à parier que le monde ne changera pas d'ici peu et que la « guerre au terrorisme », qui donne aux soldats américains des allures de croisés, va, selon la plupart des observateurs sérieux, durer des années, c'est probablement sur des questions similaires que se jouera l'avenir de ce qu'on appelle la démocratie.
Et là-dessus, le président américain George W. Bush voyait fort juste lorsqu'il affirmait, encore ébranlé par les attentats du 11 septembre 2001, que c'est essentiellement à la liberté que le terrorisme s'en prend.
Ce qu'il faut voir maintenant, c'est si nos gouvernements savent combattre la terreur sans l'imposer à leurs citoyens; si, en fait, la première victime de la guerre au terrorisme, n'est pas la première cible elle-même du terrorisme, c'est-à-dire la liberté.