Actuellement, cinq personnes sont soumises à un certificat de sécurité. Une d'entre elles est emprisonnée, et quatre autres sont astreintes à de très strictes conditions de remise en liberté.
Mahmoud Jaballah
Mahmoud Jaballah (archives)
Soupçonné par les autorités canadiennes d'être relié à un groupe terroriste égyptien nommé Al-Jihad, Mahmoud Jaballah, un Égyptien arrivé au pays en tant que demandeur du statut de réfugié en 1996, a fait l'objet d'un premier certificat de sécurité dès mars 1999. Plusieurs mois après qu'un juge eut invalidé ce certificat, l'estimant déraisonnable, les autorités délivrent un second certificat et ordonnent, en août 2001, la détention préventive de M. Jaballah.
Mahmoud Jaballah, 44 ans, qui conteste la validité de ce second certificat, pourrait être expulsé vers l'Égypte. Il craint être torturé ou assassiné s'il est remis entre les mains des autorités égyptiennes.
Les services de renseignements canadiens affirment que M. Jaballah représente un risque à la sécurité nationale en raison de ses liens avec des membres actifs d'Al-Jihad. Ce groupe terroriste oeuvre à l'instauration par la force d'un État islamique en Égypte.
La Cour fédérale a exigé, en février 2007, sa libération. Depuis avril 2007, il peut profiter d'une liberté très surveillée à son domicile de Toronto en attendant la fin des procédures à son encontre.
Mohamed Zeki Mahjoub
Mohamed Zeki Mahjoub
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PC/Tom Hanson
Mohamed Mahjoub, ingénieur égyptien demandeur depuis 1995 du statut de réfugié au Canada, est soupçonné par les services de renseignements d'être un haut dirigeant d'un groupe terroriste islamiste lié à Al-Qaïda et appelé l'Avant-garde de la conquête. Selon le SCRS, M. Mahjoub aurait même pris part à des actions terroristes.
Avant de s'établir au Canada, Mohamed Mahjoub aurait travaillé au Soudan en tant qu'administrateur d'une importante ferme exploitée par Oussama ben Laden pour, essentiellement, recueillir des fonds. On reproche aussi à M. Mahjoub d'avoir eu des contacts avec un ressortissant irakien réputé pour être le principal fournisseur d'armes de destruction massive de Ben Laden. Lors de son arrestation en mai 2000, M. Mahjoub était en possession du numéro de téléphone du trafiquant.
Tout comme Mahmoud Jaballah, M. Mahjoub a été libéré en avril 2007 sur ordre de la cour fédérale. Il est actuellement en liberté sous haute surveillance à son domicile.
Hassan Almrei
Hassan Almrei
Hassan Almrei est un ressortissant syrien arrivé au Canada en 1999 qui a obtenu le statut de réfugié un an plus tard. En octobre 2001, il est incarcéré en vertu d'un certificat de sécurité, délivré à la suite d'une enquête des services secrets canadiens qui estiment qu'il représente une menace à la sécurité nationale.
Ottawa soupçonne M. Almrei, 32 ans, d'être membre d'un réseau international de faussaires et d'être un militant islamiste formé à la lutte terroriste dans des camps d'Al-Qaïda en Afghanistan. En fait, Hassan Almrei reconnaît avoir pris part à la « guerre sainte » en Afghanistan et au Tadjikistan au cours des années 1990, mais il explique qu'il ne croit pas en le « djihad de Ben Laden. »
Hassan Almrei a fait une longue et très médiatisée grève de la faim, durant l'été 2005, afin d'obtenir une amélioration de ses conditions de détention. Le Syrien s'est attiré la sympathie de plusieurs personnalités canadiennes, dont Alexandre Trudeau, fils de l'ancien premier ministre, et l'écrivaine Naomi Klein.
Mohamed Harkat
L'Algérien de 37 ans est entré au Canada en 1995 grâce à un faux passeport saoudien. Deux ans plus tard, en 1997, il obtient son statut du réfugié et s'installe à Ottawa pour y travailler comme livreur de pizza.
Mohamed Harkat
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PC/Tom Hanson
Toutefois, les choses se gâtent pour Mohamed Harkat lorsqu'il est arrêté par les autorités canadiennes, en décembre 2002, en raison de l'émission d'un certificat de sécurité le concernant.
Les services de renseignements canadiens redoutent que M. Harkat ne soit, en fait, un agent dormant d'Al-Qaïda, installé au pays dans l'attente d'un ordre de mission pour y commettre un attentat terroriste.
Les autorités canadiennes allèguent que Mohamed Harkat aurait été vu dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan. Il aurait aussi, toujours selon le SCRS, été vu en compagnie d'un dirigeant canadien d'Al-Qaïda, Ahmed Khadr. M. Harkat soutient n'avoir rencontré Ahmed Khadr qu'une seule fois, et qu'il ne lui a pratiquement pas parlé pendant les cinq heures qu'ils ont passé seuls, en voiture entre Ottawa et Toronto.
Il aurait aussi été reconnu formellement par un lieutenant d'Oussama ben Laden, Abu Zubaydah. Les avocats de M. Harkat estiment que les aveux de Zubaydah n'ont aucune valeur puisqu'obtenus sous la torture d'agents de la CIA.
M. Harkat a été libéré, à l'été 2006, après quatre ans d'emprisonnement, mais il doit se conformer à de très strictes conditions, dont l'obligation de porter un bracelet électronique en tout temps et de ne sortir de son domicile que quelques heures par semaine, toujours accompagné.
Un ordre d'expulsion a été lancé contre lui par le gouvernement canadien voilà quelques semaines. M. Harkat craint être tué ou torturé s'il est renvoyé vers son pays d'origine.
Adil Charkaoui
Adil Charkaoui (archives)
Adil Charkaoui, un ressortissant marocain de 32 ans établi au Canada depuis 1995, est arrêté par les autorités canadiennes en vertu d'un certificat de sécurité le 22 mai 2003.
Selon Ottawa, Adil Charkaoui est un membre du Groupe islamique combattant marocain, une organisation terroriste associée à Al-Qaïda et à qui on attribue les attentats de Casablanca en 2003 et ceux de Madrid, en 2004. Il est plus précisément soupçonné d'avoir acheminé au groupe 2000 $ et un ordinateur portable.
Les services secrets pensent aussi qu'il a subi un entraînement aux techniques terroristes dans un camp d'Al-Qaïda en 1998.
En février 2005, après plus de 21 mois d'incarcération, Adil Charkaoui est remis en liberté par un juge de la Cour fédérale qui lui impose néanmoins de strictes conditions.
Un témoignage
Aujourd'hui encore, Adil Charkaoui se dit innocent et conteste la constitutionnalité des certificats de sécurité. « Je ne veux pas seulement la liberté, mais la justice », répète-t-il. Plusieurs organisations de défense des droits de la personne lui ont manifesté leur soutien.
Dans l'entrevue accordée à Radio-Canada.ca pour ce dossier, il parle notamment de son arrestation et des conditions de sa libération. Il réaffirme qu'il n'a rien à se reprocher et soutient que le Canada se doit d'être à la hauteur de sa réputation de défenseur des droits de la personne.