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AFP/Jorge Uzon
Le philanthrope Bill Gates était au nombre des conférenciers qui ont donné le coup d'envoi à la 16e Conférence mondiale sur le sida, dimanche après-midi, à Toronto.
Le milliardaire américain Bill Gates et la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, participent à Toronto à la cérémonie d'ouverture de la 16e Conférence mondiale sur le sida, où l'absence du premier ministre Stephen Harper est critiquée.
Le fondateur de Microsoft a demandé aux gouvernements de se joindre à la lutte internationale contre le VIH-sida. « Il est évident que l'épidémie de sida nécessitera l'intervention de tous les acteurs, plus particulièrement des gouvernements, pour en faire une priorité budgétaire », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse précédant la cérémonie d'ouverture.
La semaine dernière, M. Gates et son épouse Melinda ont annoncé que leur fondation versera 500 millions de dollars au cours des cinq prochaines années. « Nous croyons que chaque vie humaine a la même valeur et, à cause de l'ampleur de cette maladie, nous ne pouvons ignorer personne », a dit Melinda Gates.
De son côté, le coprésident du congrès, le docteur Mark Wainberg, a affirmé que « le VIH est l'ennemi numéro un sur la planète ». Selon lui, le congrès jouera un rôle important dans la lutte contre l'épidémie.
M. Wainberg a également critiqué le premier ministre Stephen Harper lors de la cérémonie d'ouverture qui a débuté peu après 19 h. Son absence, qualifiée de « honteuse », indique que le VIH-sida n'est pas au nombre de ses priorités, a-t-il dit sous les huées de la foule.
La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean
C'est le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, et la ministre de la Coopération internationale, Josée Verner, qui ont été désignés pour représenter le gouvernement canadien.
La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a également prononcé un discours à la cérémonie d'ouverture, de même que le directeur général de l'ONUSIDA, Peter Piot. Le spectacle qui a suivi a mis en vedette Alicia Keys, Barenaked Ladies, Our Lady Peace et Chantal Kreviazuk.
Organisée sur le thème « Passons aux actes », la conférence est le plus gros événement de l'histoire consacré au sida. Quelque 24 000 participants, dont l'ancien président américain Bill Clinton et le comédien Richard Gere, sont attendus à l'événement qui prendra fin vendredi.
En outre, près de 3000 journalistes ont fait des demandes d'accréditation, ce qui garantira une couverture internationale étendue.
Les grands-mères du Canada et d'Afrique unies pour la cause
À Toronto, des grands-mères solidaires des enfants orphelins du sida
Dimanche matin, une marche de solidarité a réuni environ 300 grands-mamans canadiennes et africaines qui doivent s'occuper d'orphelins malades. Une grand-mère africaine croit qu'il est grand temps de rendre hommage à toutes ces femmes qui, depuis 20 ans, enterrent leurs enfants morts de la maladie et prennent ensuite en charge leurs petits-enfants.
Cette 16e Conférence mondiale sur le sida se penchera d'ailleurs sur le sort des 2,3 millions d'enfants séropositifs de la planète. Beaucoup d'entre eux, en Afrique surtout, meurent avant leur cinquième anniversaire uniquement pour des raisons financières.
« Pourquoi la vie d'un enfant occidental vaut-elle tellement plus que la vie d'un enfant africain? Nous pourrions commencer à sauver des vies demain matin », s'indigne Stephen Lewis, émissaire spécial de l'ONU pour le sida en Afrique.
Depuis le début de la pandémie, il y a 25 ans, près de 65 millions de personnes ont été contaminées, et plus de 25 millions en sont mortes. Aujourd'hui, on estime qu'il y a environ 11 000 nouvelles contaminations et 8000 décès par jour, principalement en Afrique subsaharienne, où vivent 64 % des séropositifs de la planète.
Lueur d'espoir: les premiers essais d'une pilule protégeant de la contamination par le VIH semblent concluants. Réalisée en Afrique, l'étude sur le Viread (ou tenofovir) est financée par la Fondation Bill et Melinda Gates.