Une mauvaise nouvelle attendait les députés conservateurs, jeudi, au moment où s'amorçait leur caucus à Cornwall, en Ontario, pour préparer la rentrée parlementaire.
Pendant que les députés conservateurs sont réunis à Cornwall en Ontario, un sondage réalisé par la firme Decima indique que leur parti perd du terrain dans les intentions de vote.
Conservateurs et libéraux fédéraux sont pratiquement à égalité dans les intentions de vote à l'échelle nationale, selon un sondage mené par la maison Décima et transmis à la Presse canadienne.
Le Parti conservateur obtient 32 % des appuis, contre 31 % pour les libéraux et 16 % pour les néo-démocrates. Le recul des conservateurs se fait particulièrement sentir au Québec, la province où Stephen Harper a le plus investi politiquement depuis son arrivée au pouvoir, et en Ontario.
Au Québec, les libéraux devancent les conservateurs pour la première fois depuis l'élection de janvier dernier. En Ontario, les troupes libérales, toujours sans chef, ont élargi leur avance à 42 %, contre 33 % pour les conservateurs. Il y a un mois et demi, les deux partis étaient encore à égalité dans cette province.
L'avance libérale se manifeste dans certaines circonscriptions urbaines importantes. Le sondage indique en outre que les libéraux sont de plus en plus le choix des femmes et des électeurs de 25 à 34 ans.
Selon le grand patron de Decima, Bruce Anderson, il est raisonnable de croire que la politique étrangère du Canada à l'endroit du Proche-Orient, que plusieurs Canadiens jugent alignée sur celle des États-Unis, constitue l'un des facteurs refroidissant les électeurs.
Une enquête de Strategic Counsel publiée mardi par le Globe and Mail indique que 45 % des Canadiens et 61 % des Québécois désapprouvent la position pro-israélienne du gouvernement Harper contre 32 % et 17 % respectivement.
La glissade conservatrice a toutefois commencé en juin, avant que le conflit entre Israël et le Hezbollah ne fasse des centaines de morts chez les civils libanais, explique M. Anderson.
L'annonce d'importantes dépenses militaires par le gouvernement Harper, en juin, serait également un facteur qui aurait influencé certains Québécois.
Le sondage téléphonique Decima a été mené de jeudi à lundi dernier, auprès de 1000 Canadiens. Sa marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20.