Alors que plusieurs pays ont déjà commencé à rapatrier leurs ressortissants du Liban, les Canadiens sur place n'ont toujours pas été évacués.
Ottawa loue six navires commerciaux et prévoit commencer à évacuer ses ressortissants mercredi. La lenteur du gouvernement fédéral à agir fait l'objet de critiques, notamment de la part du Bloc québécois.
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AFP/Denis Sinyakov
À Saint-Pétersbourg, en Russie, où il assistait au sommet du G8, le premier ministre Stephen Harper a promis que son gouvernement se consacrerait désormais à assurer la sécurité de ses milliers de ressortissants.
Le gouvernement canadien a loué six navires commerciaux et espère pouvoir commencer à les évacuer à partir de mercredi. Il prévoit utiliser le port de Beyrouth pour les transporter vers Chypre, d'où trois avions, loués aussi, les emmèneront au Canada.
Ces bateaux pourraient évacuer jusqu'à 4500 Canadiens par jour seulement, leur nombre étant estimé à 50 000, et il faudra encore trouver des moments de passage sécuritaires, alors que les bombardements et l'embargo maritime se poursuivent au Liban. Selon les autorités fédérales, la plupart des Canadiens qui se trouvent au Liban y vivent en permanence et ne voudront probablement pas partir.
Par ailleurs, il n'existe pas encore de plan pour le transfert sécuritaire des Canadiens du sud du Liban, la région la plus durement touchée par les raids israéliens, vers Beyrouth.
Le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, a par ailleurs soutenu qu'en attendant, l'ambassade canadienne était en mesure de répondre aux besoins des Canadiens sur place et que du personnel consulaire supplémentaire était mobilisé pour permettre d'accélérer le processus.
Il a assuré que les quelque 16 000 Canadiens enregistrés à l'ambassade recevaient régulièrement des messages sur l'état des opérations d'évacuation et qu'Ottawa travaillait étroitement avec les autres pays ayant des ressortissants au Liban, a-t-il ajouté.
Ottawa a invité ses ressortissants à demeurer à l'intérieur et à avoir sous la main leurs papiers d'identité et documents de voyage en ordre.
Une lenteur qui fait l'objet de critiques
Ottawa a été critiqué pour sa lenteur à mettre sur pied un plan d'évacuation.
Le Bloc québécois a qualifié d'« inacceptable et scandaleux » que le gouvernement Harper n'offre à ses ressortissants « qu'un site Internet et un service téléphonique qui, lui, est fermé les fins de semaine ». Le parti réagissait à une information du quotidien La Presse, selon qui l'ambassade canadienne au Liban était fermée ce week-end et la ligne téléphonique d'urgence du ministère des Affaires étrangères présentait de sérieuses lacunes.
Dimanche, près de 1500 personnes, surtout d'origine libanaise, ont manifesté à Ottawa et 200 autres personnes à Montréal pour critiquer ce qu'ils ont appelé l'inertie d'Ottawa dans ce dossier.
Harper ne veut pas blâmer Israël
Le premier ministre Harper a également réagi à la mort des sept Canadiens tués lors d'un raid israélien au Liban à la frontière avec l'État hébreu.
Tout en offrant ses condoléances aux familles des victimes, M. Harper a refusé de blâmer Israël pour la mort des ressortissants canadiens. « Nous n'avons pas l'intention de montrer du doigt Israël » et de céder à la tentation d'être critique à l'endroit de son droit de se défendre. Le premier ministre a répété que l'État hébreu avait été « victime d'une attaque initiale », en l'occurrence l'enlèvement de deux de ses soldats par le Hezbollah.
Le premier ministre canadien a reconnu qu'il y avait eu « une escalade » de la violence au Liban, mais a soutenu qu'elle était « inévitable à partir du moment où le conflit a été déclenché ».
Vendredi dernier, il avait affirmé que la réplique israélienne était « mesurée », des propos qui ont choqué les membres de la communauté libanaise du Canada.