Un complot d'envergure

Présumé terroriste arrêté Présumé terroriste arrêté

Les 15 personnes arrêtées vendredi dans la région de Toronto et soupçonnées d'avoir voulu participer à des activités terroristes ont comparu mardi à Brampton pour les audiences de remise en liberté.

Selon un document de la Couronne, les présumés terroristes voulaient notamment s'en prendre à la Bourse de Toronto et aux bureaux du SCRS, en plus d'avoir songé à utiliser un avion pour commettre leurs méfaits.

Quatorze des quinze individus, dont cinq mineurs, devront comparaître de nouveau la semaine prochaine pour la poursuite de ces mêmes audiences.

Les allégations retenues contre les présumés terroristes concernent des actions projetées contre des institutions en sol ontarien. Selon un document de la Couronne, remis à tous les avocats de la défense, les individus avaient envisagé plusieurs cibles avant de préciser leur choix : la Bourse de Toronto, les bureaux torontois du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) et une base des Forces canadiennes non identifiée.

Le document de la Couronne préciserait que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ont commencé à accumuler des preuves dès la découverte d'un projet suspect, en août 2005. Les suspects ont été interpellés vendredi et samedi par 400 policiers à la réception d'une commande de trois tonnes de nitrate d'ammonium. Ce produit est un fertilisant qui, mélangé notamment à de l'acide nitrique, permet la composition d'un explosif.

Le document révèle également que l'accusé Amim Mohamed Durrani s'était inscrit à une école de pilotage, et qu'il planifiait d'utiliser un petit avion pour lancer une attaque. Toutefois, craignant d'attirer l'attention, il ne s'est jamais présenté à ses cours.

Lundi, la GRC a indiqué que d'autres arrestations liées au présumé complot terroriste étaient à prévoir.

Le Parlement pris d'assaut

Gary Batasar, avocat d'un des suspects de terrorisme L'avocat Gary Batasar

D'autres allégations ont aussi été dévoilées, mardi, par l'avocat d'un des prévenus, Steven Chand, 25 ans. Selon Me Gary Batasar, qui a commenté les accusations retenues contre son client, les présumés terroristes voulaient prendre d'assaut les édifices du Parlement afin de kidnapper des élus. Ils auraient alors exigé le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan ainsi que la libération des prisonniers musulmans, en échange de celle des députés.

Les otages auraient été décapités à la suite de tout refus de respecter ces exigences. Les accusés auraient aussi eu l'intention de s'emparer du siège de la CBC à Toronto.

Le document de la Couronne confirme que ces cibles ont effectivement fait l'objet de discussions entre les présumés terroristes lors d'une rencontre préparatoire en vue des attentats.

Toujours selon les allégations rendues publiques par Me Batasar, son client est accusé d'avoir personnellement dit souhaiter décapiter le premier ministre Stephen Harper. Me Batasar affirme que son client nie toutes ces allégations et il reproche à la Couronne de tarder à rendre publiques les preuves accumulées contre son client.

En outre, Steven Chand a été réserviste pour l'armée canadienne entre 2000 et 2004, occupation qu'il pratiquait cependant avec peu d'assiduité.

Un leader identifié

Fahim Ahmad (2002) Fahim Ahmad (2002), photo tirée de son album de finissants   © PC/The Toronto Star, HO

Par ailleurs, un des dirigeants des présumés terroristes arrêtés à Toronto serait Fahim Ahmad. Il aurait été le principal responsable de la distribution d'armes, de l'entraînement des membres du groupe et de la planification des opérations. Il aurait des liens avec des individus impliqués dans des activités terroristes tant au Pakistan qu'en Afghanistan et en Grande-Bretagne.

Deux des suspects n'ont pas comparu, puisqu'ils sont déjà en prison pour importation d'armes à feu en vue de mener des activités terroristes. Ils avaient été arrêtés en août 2005 à la frontière canado-américaine en possession d'armes de poing et de munitions. C'est cet événement qui aurait été à l'origine de l'enquête, selon le document de la Couronne.

Les prévenus sont pour l'instant gardés séparément les uns des autres et ne peuvent ni téléphoner ni communiquer avec leur famille.