Quinze des dix-sept personnes soupçonnées d'avoir voulu faire exploser des édifices publics comparaissent aujourd'hui dans la région de Toronto.
En Ontario, 15 des 17 personnes soupçonnées d'avoir voulu faire exploser des édifices publics comparaissent aujourd'hui dans la région de Toronto. D'autres arrestations sont à prévoir, dit la GRC.
Les deux autres suspects sont déjà en prison pour utilisation d'armes à feu et ne seront pas en cour.
L'opération policière qui a mené à ces arrestations a été déclenchée à la suite d'une tentative du groupe d'acheter un explosif.
Inspirés par l'idéologie du réseau Al-Qaïda, les 17 présumés terroristes avaient choisi comme cibles potentielles plusieurs institutions importantes du Canada, toutes situées en Ontario. Selon The Globe and Mail, la cellule terroriste avait dans sa ligne de mire les édifices de la colline du Parlement à Ottawa, dont la tour de la Paix, ainsi que l'édifice de la Bourse de Toronto et la tour du CN.
Les suspects ont été interpellés par 400 policiers au terme d'une opération de deux ans que la Gendarmerie royale du Canada a décrite comme la plus vaste menée depuis l'entrée en vigueur de la Loi antiterroriste, en décembre 2001.
D'autres arrestations à prévoir
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, ont indiqué lundi que d'autres arrestations en lien avec le présumé complot terroriste pourraient être faites cette semaine.
Les autorités ont dévoilé le nom de tous les suspects, sauf celui des cinq mineurs.
La majorité est dans la jeune vingtaine, à l'exception d'un homme de 43 ans et d'un autre de 30 ans. Tous habitaient en Ontario, principalement à Toronto, Mississauga et Kingston et étaient, pour la plupart, nés au pays.
Les autorités ont également indiqué qu'il y avait parmi eux un imam réputé pour ses propos controversés, un ingénieur, un programmeur informatique et un ancien chauffeur d'autobus scolaire.
Washington tenu au courant
Les autorités américaines ont été tenues au courant du déroulement et des développements dans cette opération canadienne. Le premier ministre Stephen Harper a d'ailleurs fait un appel au président George W. Bush à ce sujet, lundi.
Un porte-parole de la Maison-Blanche a confirmé que les États-Unis avaient été avisés avant et au moment des arrestations. Il a salué cet exemple de coopération entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme, et a dit espérer que d'autres opérations du genre puissent être réalisées.
Un contrôle du nitrate d'ammonium
Les 17 suspects auraient été en possession de trois tonnes de nitrate d'ammonium, un engrais qui, mélangé à l'essence, constitue un puissant explosif. C'est trois fois la quantité utilisée lors de l'attentat d'Oklahoma City en 1995, perpétré par un milicien d'extrême droite, qui avait fait 168 morts.
Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, a indiqué lundi qu'Ottawa pourrait resserrer encore plus le contrôle sur la vente de fertilisants au pays. La vente de nitrate d'ammonium est déjà réglementée au Canada.