
Tension avec le Sénégal
Audio et Vidéo
![]() Josée Verner |
La crise diplomatique entre le Senégal et le Canada a encore une fois occulté les travaux de la Conférence de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui a pris fin dimanche à Saint-Boniface, au Manitoba.
Radio-Canada a appris que le premier ministre Stephen Harper avait téléphoné en matinée au secrétaire général de l'organisation, Abdou Diouf. Le premier ministre canadien voulait ainsi clore l'incident diplomatique entourant le contrôle de sécurité qu'a dû subir M. Diouf à son arrivée à l'aéroport de Toronto, mercredi, en dépit de son immunité diplomatique.
Après son arrivée, M. Diouf devait également avoir une rencontre avec M. Harper à Ottawa. L'OIF soutient que le rendez-vous a été annulé peu avant l'heure prévue, tandis que le bureau du premier ministre prétend qu'aucune rencontre n'avait été planifiée.
Dimanche, la ministre canadienne de la Francophonie, Josée Verner, a refusé de parler d'« erreur diplomatique », rappelant sur un ton irrité que le gouvernement canadien avait exprimé à plusieurs reprises ses « profonds regrets pour cet incident malencontreux ». « Je pense que tout a été dit », a-t-elle ajouté.
![]() M. Abdou Diouf |
De son côté, M. Diouf n'a pas été surpris de la demande d'« excuses sincères et publiques » formulée samedi par le Sénégal. « Je suis un citoyen sénégalais, je suis ancien président de la République du Sénégal, ça ne m'étonne pas qu'il y ait de l'émotion au Sénégal concernant ce qui s'est passé », a-t-il déclaré.
Ottawa a exprimé ses « regrets » par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, et par celle de Mme Verner. Mais le bureau de M. Harper s'est refusé à toute forme « d'excuses » de la part du gouvernement et, a fortiori, du premier ministre.
Le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada songent à déposer à la Chambre des communes une demande officielle pour forcer le gouvernement à s'excuser auprès du Sénégal. « Je pense que cela s'impose, c'est une simple question de bon sens et de sens de l'hospitalité », a soutenu la députée péquiste de Papineau, Vivian Barbot.
L'ancienne ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Louise Beaudoin, juge « honteux » l'accueil que le Canada a réservé à M. Diouf.
« Le Québec ne peut pas rester en retrait dans cette affaire. Jean Charest doit aller au-delà de ses bonnes relations avec le premier ministre Harper, ou encore s'en servir, pour lui faire comprendre qu'on ne traite pas le secrétaire général de l'OIF comme ça », a affirmé dimanche l'ancienne ministre péquiste qui voit dans cette affaire un exemple de l'obsession du gouvernement Harper pour la sécurité à la manière de l'administration Bush.
Déclaration commune
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Les ministres et représentants des 53 pays et gouvernements membres de l'OIF ont conclu cette rencontre de deux jours par l'adoption d'une déclaration commune.
Dans cette déclaration, les membres de l'OIF expriment le souhait de jouer un rôle plus important dans les opérations internationales de maintien de la paix.
Ils réitèrent leur engagement à lutter contre le commerce illégal d'armes légères, pour l'élimination des mines antipersonnel, pour la protection des personnes déplacées et la réinsertion sociale des combattants démobilisés.
Le Canada a été l'instigateur de cette conférence ministérielle servant de rencontre préparatoire au Sommet de la Francophonie, qui se déroulera en Roumanie, en septembre.
Page de la Conférence ministérielle sur la prévention des conflits et la sécurité humaine
Site de l'Organisation internationale de la Francophonie
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