Au moment où un accord sans les Américains se dessine à Montréal pour la relance du dialogue sur la lutte contre les changements climatiques, l'ex-président américain Bill Clinton a fait une charge à fond de train contre les détracteurs du protocole de Kyoto.
Au dernier jour de la Conférence de Montréal, l'ex-président américain prononce un discours en faveur d'un effort global pour stabiliser le climat et réduire les gaz à effet de serre.
S'adressant aux délégués du monde entier à l'occasion de la dernière journée de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, l'ancien président démocrate a déploré que certains doutent encore que l'activité humaine soit à l'origine des changements climatiques en cours, allusion à peine voilée à l'administration Bush.
Établissant un parallèle avec la lutte contre le terrorisme, il a estimé que « rien ne justifie davantage aujourd'hui l'application du principe de précaution que le changement climatique ».
Il a aussi jugé sans fondement l'argument des détracteurs du protocole de Kyoto voulant qu'il entrave, notamment aux États-Unis, la croissance économique, un propos qui a soulevé les applaudissements de la salle. L'ancien président démocrate voit plutôt dans le développement de technologies et d'énergies propres une façon de dynamiser l'économie.
Bill Clinton a appelé les élus et les entreprises de tous les pays à ne pas attendre leurs gouvernements pour s'engager dans cette voie. Il a notamment salué la décision de près de 190 maires américains de respecter dans leur champ de compétences le protocole de Kyoto, en réaction à l'inertie de Washington.
Les États-Unis ont signé la convention de Rio sur la diversité biologique sous l'administration Clinton. L'ex-président démocrate a aussi signé le protocole de Kyoto, mais le Congrès américain n'a jamais voulu ratifier l'accord.
Un tête-à-tête entre l'ancien président démocrate et le premier ministre Paul Martin a eu lieu en après-midi. Au terme de leur rencontre, les deux hommes ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle M. Martin s'est défendu de miser sur cette rencontre en pleine campagne électorale.
Les négociations se poursuivent
Les négociation se poursuivent vendredi soir à la Conférence de Montréal. Les pourparlers achoppent toujours sur le processus de réduction des gaz à effet de serre (GES) après 2012 et sur la participation des États-Unis à des discussions en marge du protocole de Kyoto, les deux enjeux jugés les plus politiques.
Les 2500 délégués ont tout de même adopté deux chapitres importants de la réglementation qui permettra au protocole de Kyoto de prendre forme.
Ainsi, les modalités du Mécanisme de développement propre (MDP) ont été approuvées, après avoir été élargies de façon à permettre aux pays en développement d'entreprendre eux-mêmes des projets.
Le chapitre sur les sanctions contenu dans les Accords de Marrakech a aussi été adopté. Ainsi, un pays qui n'atteindrait pas ses objectifs de réduction de GES verrait la partie non réalisée multipliée par 1,3 et ajoutée à ses objectifs de la phase post-2012.
Une deuxième règle interdit à un pays qui ne respecte pas les accords de vendre ou d'acheter des crédits sur les marchés internationaux.
En revanche, les délégués ne se sont toujours pas prononcés sur la proposition du président de la conférence, le ministre fédéral de l'Environnement Stéphane Dion, qui suggère de créer un forum de discussions pour les États-Unis en dehors du protocole de Kyoto. Les Américains refusent toujours de participer à des discussions sur la réduction de GES.
Les délégués n'ont pas non plus adopté le chapitre prévoyant le démarrage de discussions, dès 2006, visant à définir les objectifs de réduction des GES après 2012.