Au terme de la première semaine de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se déroule à Montréal, les groupes écologistes s'inquiètent de la position adoptée par le Canada. Ils la jugent trop conciliante par rapport aux États-Unis, qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto.
Les groupes écologistes jugent la position du Canada à l'égard des États-Unis trop conciliante. Pendant ce temps, une délégation inuite tire la sonnette d'alarme sur la fonte de l'Arctique.
Cette crainte n'est pas fondée, aux yeux du ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew. Il assure qu'au contraire, le Canada veut renforcer Kyoto. Selon lui, les États-Unis, responsables de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, doivent absolument participer au dialogue.
Pour sa part, Hugo Séguin, coordonnateur du Secrétariat des organisations non gouvernementales écologiques, estime que dans le dernier droit des négociations, il faudra décider « si on laisse les États-Unis paralyser les choses, ou si on décide de les laisser de côté ». Selon lui, la puissance des États-Unis leur permettra de rattraper tout retard sur un accord signé sans eux.
La fonte de l'Arctique continue de préoccuper
Par ailleurs, une délégation inuite s'est déplacée jusqu'à la conférence de Montréal pour exprimer ses craintes devant le réchauffement de la planète.
L'Arctique a vu sa glace fondre du tiers depuis 30 ans et l'adaptation des différentes communautés inuites aux changements climatiques commence déjà à être difficile, selon les membres de la délégation. La fonte des glaces entraîne la disparition des ours polaires et le déplacement des phoques. Tout le mode de vie des Inuit s'en trouve modifié.
Ils comptent d'ailleurs dénoncer le comportement des États-Unis à l'Organisation des États américains. Le sujet sera abordé dans le cadre de la Conférence, mercredi prochain.
Selon Gordon McBean, président de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère, le Canada doit lui aussi augmenter ses efforts. Il a d'ailleurs envoyé une lettre, cette semaine, au premier ministre Paul Martin pour l'alerter du fait que le pays s'est réchauffé plus rapidement que la plupart des régions de la planète.
Enfin, la grande manifestation prévue samedi à Montréal pourrait envoyer un message très clair à tous les pays qui participent à cette conférence de maintenir leurs engagements.