Atteindre les objectifs du protocole de Kyoto pourrait finalement s'avérer moins difficile que prévu pour le Canada, qui s'est engagé à réduire de 6 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990.
Des membres de l'industrie canadienne de la gestion des déchets affirment qu'il est possible de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre du pays.
Des membres de l'industrie canadienne de la gestion des déchets ont affirmé jeudi, dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, que ce secteur pouvait réduire considérablement, et rapidement, ses émissions.
L'industrie aurait élaboré des techniques novatrices visant à capturer les gaz à effet de serre avec des moyens modernes. D'après le Centre d'expertise sur les matières résiduelles, les expériences tentées se sont montrées très concluantes.
Une industrie très polluante
Actuellement, les matières résiduelles émettent 24 millions de tonnes de carbone dans l'atmosphère, chaque année, au Canada. C'est 3 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre du pays.
Les sites d'enfouissement produisent pour leur part plus du quart des émissions de méthane attribuables aux activités humaines au Canada. Plus de un million de tonnes de ce gaz à effet de serre peuvent s'échapper chaque année dans l'atmosphère. Or, l'effet du méthane sur le réchauffement de la planète est de 21 fois supérieur à celui causé par le gaz carbonique.
De leur côté, les incinérateurs produisent une tonne de CO2 pour chaque tonne de déchets brûlés.
De nombreuses pressions
Sables bitumineux en Alberta
Jeudi, plusieurs scientifiques se sont joints à la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère pour demander au gouvernement canadien d'accélérer sa lutte contre le réchauffement climatique. En tout, 49 chercheurs ont signé une lettre soulignant l'urgence de la situation, spécialement pour le Canada.
Selon eux, le pays subit les conséquences du réchauffement de la planète plus vite que les autres régions du monde.
De leur côté, les groupes environnementaux ont de nouveau pressé le gouvernement de veiller aux dommages causés par le développement de l'industrie pétrolière, notamment en Alberta. Ce secteur, d'après douze organisations non gouvernementales dont Greenpeace et le Fond mondial de la nature (WWF), compromet les chances pour le Canada d'atteindre les objectifs du protocole de Kyoto.
L'Union européenne fait figure de bon élève
La Commission européenne, qui représente 25 pays, a pour sa part profité du sommet de Montréal pour annoncer qu'elle était en voie de respecter ses engagements vis-à-vis du protocole de Kyoto.
Pour l'instant, avec les politiques mises en place, les 15 pays qui formaient l'Union européenne (UE) en 1996 réduiraient de 1,6 %, par rapport à 1990, leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2010. Toutefois, avec les mesures supplémentaires prévues, cette réduction passerait à 6,8 %, soit près de 1 % de plus que ce que l'accord prévoit.