Le Pentagone recrute à l'école secondaireMise à jour le vendredi 24 juin 2005 à 7 h 32 .
 . | | (archives) . | Aux États-Unis, le Pentagone a décidé de ficher tous les étudiants du secondaire âgés de 16 à 18 ans dans une banque de données, en vue de cibler des soldats potentiels. Le Washington Post a révélé l'affaire jeudi.Des dizaines de millions de jeunes sont ciblés par l'initiative, décrite comme un procédé de marketing direct. Le Pentagone a chargé une société privée de lui fournir des données comme les moyennes générales annuelles des étudiants, leurs aspirations professionnelles, leur ethnie ou encore leur catégorie d'études. Les numéros de sécurité sociale des étudiants, leur date de naissance, leur adresse électronique et leur numéro de téléphone seront aussi fichés. Le siège de la Défense veut ainsi faire face à la baisse du nombre de recrues, grevé notamment par le bilan des soldats tués en Irak, la baisse du chômage chez les jeunes et l'image négative croissante de la guerre. Depuis quatre mois, l'armée de terre n'arrive plus à remplir ses objectifs. En mai, pour le quatrième mois d'affilée, elle n'a rempli que 75 % du quota d'effectifs fixé. Le Pentagone a embauché de nouveaux recruteurs, en plus de lancer une nouvelle campagne de publicité. Des parents inquiets, des associations outrées
 . | Selon le Washington Post, si elles refusent de coopérer, les écoles risquent d'être privées de financement public. Des parents, dont les enfants ont déjà été contactés à leur domicile par des recruteurs, s'inquiètent de telles pratiques.L'initiative révulse aussi les associations américaines de droits civiques, qui la dénoncent comme une « violation des droits privés d'autant plus grave que cela concerne des jeunes de 16 ans ». L'American Civil Liberties Union (ACLU) souligne que l'intention du Pentagone est « un nouvel exemple de la tendance de l'administration à utiliser des données non légalement accessibles ». L'ACLU dit comprendre les besoins de l'armée d'augmenter ses effectifs, mais rejette l'idée de conserver des rapports « sur des individus privés qui ne sont en rien suspectés », d'autant plus lorsqu'il s'agit d'adolescents de 16 ans.
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