Un ex-président mexicain pourrait être accusé de génocideMise à jour le jeudi 16 juin 2005 à 8 h 56 .
 . | La Cour suprême du Mexique a annoncé mercredi que l'ex-président Luis Echeverria et son ministre de l'Intérieur Mario Montoya, mis en cause dans le massacre d'étudiants survenus en 1971 à Mexico, pouvaient être l'objet de poursuites pour génocide.La Cour suprême a tranché après des mois de polémiques dans une décision partagée de trois juges contre deux, estimant qu'il n'y avait pas prescription des faits, cassant ainsi sa propre décision prise en février. Le haut tribunal avait alors considéré que les faits étaient prescrits. Si la tuerie a eu lieu il y a plus de 30 ans, les deux hommes ont abandonné leurs fonctions en 1976, a analysé la Cour cette fois-ci. Une juridiction inférieure devra maintenant déterminer s'il y a lieu d'arrêter les deux hommes et de les juger pour des accusations de génocide, comme le réclame le procureur spécial, Ignacio Carrillo.
 . | | Le président du Mexique, Vicente Fox . | L'enquête sur les événements de 1971 a été annoncée il y a cinq ans par le président mexicain, Vicente Fox, du Parti de l'action nationale.Celui-ci a remporté les élections présidentielles de 2000, mettant fin à 70 ans de règne corporatiste du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir depuis 1929. Rappel des faits Le 10 juin 1971, un groupe paramilitaire dénommé « Les faucons », proche du gouvernement, a tiré sur une manifestation de milliers d'étudiants dans les rues de Mexico, faisant 12 morts et des dizaines de blessés. D'autres étudiants, arrêtés, ont disparu. Aujourd'hui âgé de 83 ans, Luis Echevarria, a dirigé le Mexique de 1970 à 1976, notamment lors de la « guerre sale » menée par les dirigeants mexicains contre des opposants de gauche au régime du PRI. Jamais un chef d'État mexicain n'a eu à faire face à des accusations au criminel.
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