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Élections: les Irakiens défient les menaces
Mise à jour le lundi 31 janvier 2005 à 3 h 28
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Les premières élections multipartites depuis 50 ans en Irak ont été marquées par de nombreux attentats qui ont fait une quarantaine de morts.

Environ sept kamikazes, à bord de voitures ou portant des ceintures d'explosifs, ont commis des attentats contre des bureaux de vote et d'autres cibles. Selon les autorités irakiennes, 36 civils et 6 policiers ont été tués et une centaine de personnes blessées dans ces attaques.

La Commission électorale irakienne estime qu'environ 60 % des électeurs inscrits ont exercé leur droit de vote en dépit de ces violences. L'organisme souligne qu'il s'agit toutefois d'une évaluation préliminaire. Il y avait 14,2 millions d'Irakiens inscrits sur les listes électorales, sur une population totale de plus de 25 millions d'habitants.


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La participation dans les zones à majorité chiite du sud du pays semblait assez élevée, atteignant le chiffre surprenant de 90 % dans certaines localités. Le grand ayatollah Ali Sistani, le chef spirituel des chiites, a d'ailleurs remercié les Irakiens pour leur participation au scrutin, exercice qu'il a appuyé et assimilé à un devoir religieux.

Le taux de participation a également été élevé dans les régions kurdes du nord du pays, et dans les districts de Bagdad, il aurait a varié entre 65 % et 90 %. En revanche, dans les secteurs sunnites du centre et du nord de la capitale, désignés sous le nom de « triangle sunnite », les bureaux de vote sont restés presque déserts.

Les normes internationales sont respectées

L'équipe d'experts internationaux basée en Jordanie a estimé que l'organisation des élections irakiennes avait rempli d'une manière générale les normes internationales, même si certains aspects du scrutin nécessitaient des améliorations.


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« Certainement, comme point de départ, quand on considère d'où vient le peuple irakien [...] c'est un très bon processus », a estimé Jean-Pierre Kingsley, directeur général des élections du Canada qui dirige la mission internationale pour les élections irakiennes.

Les aspects nécessitant une amélioration sont notamment la transparence sur les contributions financières et les dépenses, l'enregistrement des électeurs et l'examen des critères pour l'éligibilité des candidats.

Peu d'observateurs étrangers se sont rendus en Irak pour superviser le scrutin en raison du climat d'insécurité.

Le retrait des forces américaines est évoqué

Quelques heures après la fin des élections, le ministre irakien de l'Intérieur, Falah Al-Nakib, a estimé que les forces étrangères pourraient se retirer d'Irak dans un an et demi.

« Je pense que dans 18 mois, nous n'aurons plus besoin de forces étrangères, multinationales, dans notre pays. Je pense que nous pourrons nous suffire à nous-mêmes », a déclaré M. Al-Nakib sur les ondes de la chaîne britannique Channel Four.

Un succès éclatant, pour le président Bush


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Le président George W. Bush (archives)
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Le président américain George W. Bush a salué ce qu'il a décrit comme une « grande et historique réussite » et un rejet par la population irakienne de « l'idéologie antidémocratique des terroristes ». Il a indiqué qu'il restait cependant beaucoup à faire pour assurer la démocratie en Irak.

Dans la journée, George W. Bush a parlé au téléphone avec les dirigeants de l'Égypte, de Jordanie et d'Arabie Saoudite pour les remercier de leur soutien au processus politique en Irak.

De son côté, la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a estimé que ces premières élections se sont déroulées mieux que ce qui avait été prévu, y voyant ainsi « un grand pas en avant ».

Le premier ministre britannique, Tony Blair, a déclaré que les élections étaient « un coup porté en plein coeur du terrorisme mondial ».

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a souligné pour sa part le courage des Irakiens qui se sont rendus aux urnes.

Mesures de sécurité draconiennes


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Afin de convaincre les électeurs de braver les menaces des insurgés et de se rendre dans les bureaux de vote, les autorités irakiennes ont imposé des mesures de sécurité draconiennes.

Ainsi, samedi, l'état d'urgence a été prolongé d'un mois dans tout le pays, à l'exception de la zone autonome kurde. L'aéroport est fermé jusqu'à dimanche soir, et les frontières du pays ont été bouclées jusqu'à lundi.

L'interdiction de circuler en automobile dans le pays a elle aussi été prolongée, jusqu'à lundi soir. Des chars et des véhicules militaires américains et irakiens sont positionnés dans la capitale.

Les élections


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Les 14,2 millions d'électeurs irakiens sont censés élire une assemblée constituante et 18 conseils provinciaux. Environ 17 000 candidats et 223 listes seront en lice pour trois scrutins qui se déroulent le même jour.

Pour pourvoir les 275 sièges de l'Assemblée nationale, chargée notamment de rédiger la Constitution permanente, 111 listes et 7761 postulants sont en compétition.

Les Irakiens doivent également choisir les 41 membres de chacun des 17 conseils provinciaux et les 51 membres du conseil de Bagdad. En outre, les Kurdes doivent choisir les 111 députés de leur assemblée autonome. Treize listes sont en compétition.


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