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Jean-Bertrand Aristide s'en va
Mise à jour le dimanche 29 février 2004 à 16 h 06
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Jean-Bertrand Aristide (archives)
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Le président d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide, a finalement cédé aux pressions internationales.

Il a démissionné de ses fonctions à 6 h 00 dimanche matin, et a quitté Haïti 45 minutes plus tard. On ignore la destination qu'a prise M. Aristide.

Le premier ministre Yvon Neptune a lu une déclaration signée par Jean-Bertrand Aristide dans laquelle il affirme avoir démissionné pour éviter un bain de sang.

Jean-Bertrand Aristide chercherait l'asile politique à l'étranger, peut-être en Afrique du Sud. Contrairement aux informations qui ont circulé, Taïwan et le Maroc ont indiqué qu'ils n'accueilleront pas l'ex-président.

Conformément aux statuts de la Constitution haïtienne, le juge en chef de la Cour de cassation, Boniface Alexandre, a été assermenté comme président par intérim, et a immédiatement lancé un appel au calme.

Claude Desbiens trace un portrait de Jean-Bertrand AristideExtrait vidéo

Les violences éclatent

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Des colonnes de fumée s'élèvent à Port-au-Prince
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À Port-au-Prince, comme plusieurs le craignaient, la nouvelle a tôt fait de provoquer des débordements.

Des prisonniers se sont notamment évadés du pénitencier central. On rapporte aussi une station-service incendiée, ainsi que des scènes de pillages en face du Palais national, siège de la présidence.

Des centaines de partisans d'Aristide armés de machettes, de fusils et de différentes armes marchent dans le secteur en scandant des slogans favorables au président en fuite. Des témoins rapportent cependant que la police haïtienne a repris ses patrouilles dans la capitale pour y ramener l'ordre.

L'un des dirigeants de l'opposition pacifique, Evans Paul, a appelé les chimères, partisans armés de M. Aristide, à déposer les armes, et la police à assurer l'ordre en Haïti. «Le pays est entre vos mains, a-t-il dit. Aristide est parti, c'est un jour de soulagement.»

Même son de cloche du côté des insurgés, qui se trouvent à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Leur chef, Guy Philippe, s'est dit prêt à déposer les armes et souhaite l'arrivée d'une force internationale le plus rapidement possible. Il affirme qu'il sera à Port-au-Prince lundi ou mardi.

Les insurgés acceptent une demande américaine

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La veille, les insurgés haïtiens, qui contrôlaient déjà la moitié du pays, avaient accepté de retarder de deux jours leur entrée dans la capitale haïtienne afin de donner la chance à un éventuel règlement pacifique de la crise.

Cette décision faisait suite à un communiqué émis par Washington qui demandait «aux forces armées du nord» de stopper leur avance. La Maison-Blanche avait de nouveau appelé le président Aristide à s'interroger sur sa capacité de continuer à gouverner son pays, estimant qu'il portait une lourde responsabilité dans la crise en cours.

Le Canada dépêche trois avions

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(archives)
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De son côté, le Canada avait dépêché trois avions de type Hercule pour évacuer une vingtaine de ressortissants canadiens, américains et haïtiens vers la République dominicaine. Quelque 1000 Canadiens sont enregistrés à l'ambassade, mais on ignore combien se trouvent toujours en Haïti.


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