
| L'affaire David Kelly pèse sur le gouvernement Blair Mise à jour le samedi 19 juillet 2003 à 6 h 00 .  . | | Le premier ministre britannique aux Communes (archives) . | Le premier ministre britannique Tony Blair a qualifié samedi la mort de David Kelly de «terrible tragédie», demandant par la même occasion aux médias et politiciens de faire preuve de retenue et de respect en attendant les conclusions de l'enquête. «Maintenant, toutefois, il va y avoir un processus régulier et une enquête indépendante en bonne et due forme et je pense que cela devrait permettre d'établir les faits», a déclaré M. Blair du Japon où il se trouve dans le cadre d'une tournée de six jours en Asie.
 . | La découverte probable, vendredi, du corps de David Kelly, expert en désarmement du ministère de la Défense britannique, a déclenché ce qui semble se dessiner comme la pire crise auquel le gouvernement travailliste de Tony Blair est confronté en six ans de pouvoir. Si la mort de David Kelly est confirmée, il s'agirait d'une «crise gouvernementale de grande ampleur», a souligné Adam Boulton, spécialiste des affaires politiques de la chaîne de télévision Sky News et voyageant avec le premier ministre Tony Blair en Asie.
La mort de David Kelly ne semblait faire aucun doute et l'affaire ressemble de plus en plus à un roman d'espionnage. Le corps retrouvé vendredi matin dans l'Oxfordshire, à environ 70 kilomètres à l'ouest de Londres, présente les mêmes caractéristiques que celui du scientifique disparu depuis jeudi, a annoncé la police locale, qui a toutefois précisé que l'identification officielle du corps n'aurait pas lieu avant samedi.
 . | Le docteur David Kelly, un chercheur réputé, avait été mis en cause par Downing Street dans la polémique avec la BBC sur le dossier relatif à l'armement irakien, délibérément «gonflé» par le gouvernement, selon un journaliste de la radio-télévision publique britannique, Andrew Gilligan. David Kelly, 59 ans, avait quitté son domicile jeudi à 15 heures pour une promenade et n'avait pas donné signe de vie depuis. Il a été porté disparu jeudi à 23 heures 45. M. Kelly était un habitué des longues marches, mais jamais seul, a indiqué la police.
 . | Le scientifique, unanimement respecté par ses collègues, avait été inspecteur en désarmement pour les Nations unies de 1994 à 1999 et s'était notamment rendu 37 fois en Irak. Il a été l'objet d'une forte pression de la part de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des communes qui enquête sur les conditions d'entrée en guerre de la Grande-Bretagne contre l'Irak. Mardi, il s'était défendu d'être «la source principale» de la BBC à l'origine de l'affirmation selon laquelle Downing Street aurait «gonflé» le rapport de septembre 2002 sur l'Irak.
Un porte-parole du ministère a pour sa part affirmé vendredi que le docteur Kelly n'avait pas subi de menaces de suspension ou de renvoi après avoir admis avoir eu un entretien «non autorisé» avec le journaliste de la BBC.
La polémique a été relancée jeudi quand le Commission des Affaires étrangères a accusé Andrew Gilligan d'être revenu sur ses accusations, jeudi, lors d'une nouvelle audience à la Chambre des communes, ce que le journaliste de la BBC a aussitôt démenti. Selon John Maples, un autre membre de la Commission, de nombreux membres de la Commission avaient le sentiment que David Kelly était un «bouc émissaire» dans la polémique entre Downing Street et la BBC.
Réaction de l'opposition
Le chef de l'opposition conservatrice, Iain Duncan Smith, a pour sa part estimé que Tony Blair devrait envisager d'écourter son voyage en Asie et de rentrer en Grande-Bretagne pour répondre aux questions entourant cette affaire. «Clairement, il incombe (à M. Blair) de décider, a-t-il dit. Mais si j'étais premier ministre, je crois que je raccourcirais cette visite et rentrerais.». «Je ne veux pas exclure le rappel du Parlement», en vacances depuis jeudi, a-t-il poursuivi.
Un porte-parole du premier ministre a indiqué, samedi, que malgré tout le bruit que fait l'affaire en Grande-Bretagne, Tony Blair allait poursuivre sa tournée asiatique comme prévu.
Les détails de Daniel Coulon, à Londres.
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| 7 juin 1973
Début de la visite historique du chancelier ouest-allemand Willie Brandt en Israël. | |



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