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Slobodan Milosevic devant la justice internationale Mise à jour le mardi 12 février 2002, 15 h 14 . .  . | La procureure du TPI, Carla del Ponte
| Le procès historique de l'ex-président de la Yougoslavie, Slobodan Milosevic, a débuté mardi matin à La Haye. Dans sa présentation, la procureure du Tribunal pénal international, Carla del Ponte, a affirmé qu'elle entendait prouver que l'accusé avait commis les pires crimes contre l'humanité. Mme Del Ponte a évoqué les souffrances insoutenables de centaines de milliers de victimes non seulement croates, bosniaques et albanaises du Kosovo, mais également serbes «abusées» par l'ancien dictateur.
 . | Slobodan Milosevic devant le TPI.
| Elle a accusé M. Milosevic d'avoir causé des «souffrances indicibles» uniquement pour assouvir sa soif de pouvoir. «... Ce ne sont ni les convictions personnelles ni le patriotisme ni le racisme ni la xénophobie qui ont animé l'accusé, mais la recherche du pouvoir et plus encore du pouvoir personnel», a asséné la procureure, qui compte faire entendre plus de 300 témoins et victimes au cours du procès.
 . | Srebrenica, 1995
| Slobodan Milosevic est inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Kosovo, en Croatie et en Bosnie. Il est en plus inculpé de génocide en Bosnie, notamment pour le massacre de Srebrenica, où plus de 7000 musulmans ont été tués par les forces serbes de Bosnie, en 1995.
Les yeux de l'Europe sont tournés vers La Haye
C'est le plus important procès pour crimes de guerre en Europe depuis celui des nazis à Nuremberg. C'est la première fois aussi qu'un chef d'État comparaît devant le Tribunal pénal international, dont il conteste d'ailleurs la légitimité. Le procès pourrait durer deux ans. S'il est reconnu coupable, Slobodan Milosevic est passible de la prison à vie.
 . | Ratko Mladic et Radovan Karadzic courent toujours.
| La Grande-Bretagne s'est félicitée mardi de l'ouverture devant le Tribunal pénal international du procès de l'ancien président yougoslave. «Ce procès est un avertissement à tous les dictateurs», a affirmé le ministre britannique des Affaires étrangères. Jack Straw a cependant souligné qu'il y avait encore beaucoup de travail à faire car nombre d'accusés sont toujours en liberté, notamment Radovan Karadzic et Ratko Mladic, les anciens chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie.
Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, François Rivasseau, a déclaré que la France attendait de ce procès que «la justice fasse son travail en toute indépendance». Le gouvernement belge a exprimé pour sa part l'espoir que le procès marquera le début d'un processus de guérison et de réconciliation entre les peuples de l'ancienne république yougoslave. À Strasbourg, le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Peter Schieder, a estimé que ce procès était crucial pour l'avenir de la justice internationale.
 . | Des enquêteurs de TPIY en Bosnie
| À Sarajevo, le haut représentant de la communauté internationale pour la Bosnie-Herzégovine, Wolfgang Petritsch, a souligné que le procès constituait une occasion historique d'identifier les responsables de la tragédie vécue par les populations de cette région pendant les années 1990.
 . | Charnier en Croatie
| Le gouvernement croate a exprimé sa satisfaction devant l'ouverture du procès de Slobodan Milosevic et rappelé qu'il avait fourni au Tribunal pénal international de nombreux documents relatifs à l'agression serbe contre la Croatie.
 . | Zoran Djindjic
| À Belgrade, Zoran Djindjic, qui est à la tête du gouvernement serbe ayant décidé en juin dernier de remettre Milosevic au TPI, a déclaré qu'il n'avait pas suivi le début du procès. «C'est l'affaire de Milosevic, du procureur et du tribunal de La Haye», a déclaré le premier ministre serbe.
Les défenseurs de Slobodan Milosevic
 . | Des sympathisants de Slobodan Milosevic
| Les accusations portées contre Slobodan Milosevic sont «ridicules», clament les partisans de l'ancien président yougoslave. Selon Zivorad Igic, un haut fonctionnaire du Parti socialiste serbe, ces accusations font partie d'un «complot occidental». Pour Zorana Krstic, une autre fidèle de Slobodan Milosevic «c'est un jour triste pour la justice et l'Histoire».
À Moscou, quelque 200 communistes se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis. Arborant des drapeaux soviétiques et scandant «Libérez Milosevic» et «Amérique, terroriste international numéro un», les manifestants, en majorité des personnes âgées, ont écouté un responsable du Parti communiste russe, Alexandre Kouvaïev, qui a dénoncé l'illégalité du TPI.
Le Comité international pour la défense de Slobodan Milosevic a ouvert à Belgrade un centre de presse qui fournira aux journalistes des informations «exclusives» liées au procès de l'ancien dirigeant yougoslave. Le Comité promet, entre autres, de révéler l'identité de tous les témoins protégés, à la veille de leur comparution. Le Comité a été créé en octobre dernier et compte parmi ses membres des avocats locaux et étrangers, dont le Français Jacques Vergès et le Canadien Christopher Black, ainsi que l'ancien ministre de la Justice des États-Unis, Ramsey Clark.
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