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Mise à jour le vendredi 4 mai 2001, 11 h 03 .
 Algérie : les émeutes cèdent la place aux marches pacifiques

 


Extrait audio
 
Plusieurs milliers de personnes ont participé, jeudi, à une marche pacifique de protestation contre la brutalité de la répression en Kabylie. Les manifestants ont crié des slogans hostiles au gouvernement et au président. Le dispositif policier a été impressionnant. Toutefois, la police anti-émeute s'est faite plutôt discrète.
 
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La révolte des Kabyles s'est étendues cette semaine à toute la jeunesse du pays. Des étudiants de nombreuses universités ont lancé un mouvement de grève pour appuyer les émeutiers.
 




 


 
Le bilan des émeutes, les plus violentes en Algérie après celles d'octobre 1988, qui avaient conduit à la chute du système du parti unique, est de 42 morts et des centaines de blessés, en grande majorité des manifestants.
 

  Les émeutes ont éclaté après la mort, le 18 avril, d'un lycéen dans un poste de police de Beni Douala, près de Tizi Ouzou, à 110 km à l'est d'Alger. Le gouvernement a présenté l'affaire comme un accident, mais la minorité berbère l'interprète plutôt comme un symbole de répression.
 

 
Le président Abdelaziz Bouteflika a déçu les Algériens lors de son adresse à la nation, lundi soir. Il n'a pas proposé de solutions concrètes aux véritables raisons de la colère de la jeunesse kabyle et de ses principales revendications: travail, logement, fin de la corruption et des abus de l'administration.
 

Abdelaziz Bouteflika


  Les seules promesses du président ont été la création d'une commission d'enquête composée de personnalités de la société civile pour faire «toute la lumière, en toute liberté et en toute transparence» sur ces événements tragiques, et l'engagement que la Kabylie profiterait d'un vaste programme de développement.
 

 


 
La Kabylie est l'une des régions les plus déshéritées et les plus peuplées d'Algérie. Dans son discours, le président Bouteflika a affirmé qu'il avait saisi le sens de la protestation des jeunes. «Je comprends leur impatience et leur frustration, je comprends leur incertitude devant un lendemain qui leur paraît sans promesses», a-t-il dit.
 

  Mais, cette affirmation, jugée «trop vague», a laissé la majorité des habitants de Kabylie dubitatifs. Ils craignent qu'il ne s'agisse une nouvelle fois de «promesses sans lendemain».
 

  Dans ce contexte de crise, l'un des deux grands partis kabyles, le Rassemblement pour la culture et la démocratie, a décidé de se retirer de la coalition gouvernementale. Il accuse le pouvoir de gérer le pays par la terreur en tirant sur de jeunes manifestants.
 

 
 

 
 

 
 
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