Ces lanceurs d’alerte, traîtres ou héros?

Le Brésil veut une loi pour renforcer la protection des données sur Internet

Radio-Canada avec Reuters
Dilma Rousseff Dilma Rousseff, présidente du Brésil  Photo :  AFP/SERGEI KARPUKHIN

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, qui aurait été l'une des cibles des programmes de surveillance américains, prône l'adoption d'une nouvelle législation pour contraindre les acteurs du web tels que Google ou Facebook à stocker localement les informations qu'ils collectent au Brésil.

Le coût d'une telle mesure et la nature d'Internet la rendent très difficile à mettre en oeuvre, mais il s'agit de la première réaction concrète aux révélations d'Edward Snowden concernant les activités de la National Security Agency (NSA).

Selon la chaîne TV Globo, les États-Unis ont notamment espionné les communications de Dilma Rousseff et de son homologue mexicain Enrique Pena Nieto.

Les firmes actives au Brésil sont pour le moment libres de stocker leurs données où bon leur semble. Facebook les conserve par exemple aux États-Unis et en Suède.

La rédaction du projet de loi, confiée à un membre du Parti des travailleurs, dont Dilma Rousseff est issue, doit être achevée la semaine prochaine.

La présidente, qui juge qu'elle contribuera à mettre les Brésiliens à l'abri des incursions américaines, envisage d'inviter d'autres États à faire de même à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU, à la fin du mois, a expliqué un fonctionnaire brésilien interrogé par Reuters.

« Ce serait un tournant pour ces compagnies. Si vous voulez travailler ici, il faudra obéir à nos lois », a-t-il déclaré, évoquant entre autres Facebook, Google et Microsoft.

La viabilité d'un tel projet est cependant remise en question. Bill Coughran, ancien vice-président chargé de l'ingénierie à Google et aujourd'hui partenaire à la firme de gestion du capital de risque Sequoia Capital, croit que le Brésil ne serait pas en mesure d'imposer des contrôles sur le transport de toutes les données.

Une solution serait de stocker localement certaines données personnelles, comme le font plusieurs pays européens. Microsoft, Amazon et d'autres grands fournisseurs de services informatiques ont des centres de données dans ces pays afin que leurs clients puissent se conformer à la réglementation locale.

Ces lanceurs d'alerte, traîtres ou héros?

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