Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient

Washington et Moscou renforcent leur présence navale au large de la Syrie

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le contre-torpilleur USS Mahan (archives) Le contre-torpilleur USS Mahan (archives)  Photo :  USS Navy

Après l'annonce jeudi du déploiement de navires de guerre en Méditerranée par Moscou, Washington réplique en envoyant un cinquième contre-torpilleur au large des côtes syriennes.

Selon un responsable de la marine américaine cité par l'Agence France-Presse, le contre-torpilleur USS Stout a reçu l'ordre de se diriger vers l'est de la Méditerranée, où croisent déjà quatre navires lance-missiles de la marine américaine. Officiellement, l'USS Mahan doit relever l'un des bateaux déjà sur place, mais il semble que les cinq navires demeureront en Méditerranée orientale, selon la même source. 

Plus tôt jeudi, la Russie a annoncé le déploiement « dans les prochains jours » d'un navire de lutte anti-sous-marine et d'un navire lance-missiles en Méditerranée, au moment où des pays occidentaux se préparent à de possibles frappes contre la Syrie, a annoncé jeudi une source militaire russe.

Un croiseur russe équipé de missiles Un croiseur russe équipé de missiles  Photo :  AFP/Vasiliy BATANOV

Les deux bâtiments quitteront leur port d'attache sous peu pour rejoindre les forces navales russes déjà présentes dans cette région. « La situation nécessite que nous procédions à  des ajustements », a précisé une source militaire russe à l'AFP.

Officiellement, Moscou explique que ces manoeuvres navales s'inscrivent dans le cadre d'une rotation prévue de longue date  de ses navires en Méditerranée. La marine n'a pas dit quels  types de navires, et combien de bâtiments étaient en route pour la Méditerranée orientale où la Russie détient une importante base navale à Tartous, sur les côtes syriennes.

La Russie et l'Iran, puissants soutiens de Damas, ont multiplié ces derniers jours les mises en garde contre une intervention militaire de Washington et de ses alliés en Syrie, dont le gouvernement est soupçonné par les Occidentaux d'avoir perpétré, le 21 août dernier, une attaque chimique près de Damas qui a fait plusieurs centaines de morts et 3600 blessés.

La France et la Grande-Bretagne déplacent aussi des forces

Un avion de chasse Typhoon tel que ceux déployés par le Royaume-Uni Un avion de chasse Typhoon tel que ceux déployés par le Royaume-Uni  Photo :  AFP/PAUL ELLIS

Outre le déploiement de navires américains armés de missile de croisière dans l'est de la Méditerranée, des bâtiments britanniques et français ont aussi été mobilisés.

La Grande-Bretagne, de son côté, a déployé « par précaution » six avions de chasse à Chypre, alors que les députés débattaient jeudi d'une motion prévoyant d'attendre la fin des inspections des experts des Nations unies. Des sous-marins britanniques croiseraient également depuis plusieurs jours en Méditerranée orientale.

La frégate de défense aérienne française Chevalier Paul a quitté son port d'attache de Toulon à destination « d'une zone non spécifiée » en Méditerranée. La préfecture maritime de la Méditerranée précise cependant qu'il s'agit d'une sortie programmée de ce bâtiment de guerre et qu'il n'y pas de lien de cause à effet avec le conflit syrien.

La mission de l'ONU terminée samedi

L'équipe d'experts en armes chimiques de l'ONU repartira de Syrie samedi matin, a annoncé jeudi à Vienne le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

Un expert de l'ONU en plein travail Un expert de l'ONU en plein travail  Photo :  HOEP

Les inspecteurs « continueront leur enquête jusqu'à demain, et ils quitteront la Syrie samedi matin, après quoi ils me rendront compte », a-t-il dit à la presse dans la capitale autrichienne.

La délégation a quitté Damas jeudi matin afin de se rendre, pour la troisième journée consécutive, sur le site d'une attaque chimique présumée remontant au 21 août.

Ces inspecteurs, qui devaient aller dans la région de la Ghouta, à la périphérie est de la capitale syrienne, poursuivront leur enquête jusqu'à vendredi.

L'opposition accuse le pouvoir syrien d'être responsable de l'attaque chimique du 21 août, laquelle a fait selon elle de 500 à 1300 morts.

Damas se prépare au pire

Il semble que les forces du président Bachar Al-Assad évacuent la majeure partie de leur personnel de certains quartiers généraux situés dans le centre de Damas, en prévision de frappes militaires occidentales, ont rapporté des habitants et des sources proches de l'opposition.

Des batteries mobiles de missiles Scud ont quitté jeudi matin une base importante de l'armée syrienne sur les contreforts du mont Kalamoune de crainte probablement d'un bombardement occidental, rapporte l'opposition au président Bachar al Assad.

Cette base à l'ouest de la route Damas-Homs est le quartier général de la 155e brigade de l'armée gouvernementale, une unité équipée de missiles.

Cette unité figure sur la liste des cibles potentielles remise cette semaine à Istanbul par les rebelles de la Coalition nationale syrienne (CNS) aux envoyés occidentaux.

Deux autres unités gouvernementales équipées de missiles, basées dans les secteurs de Koutaïfa et de Nasiriya, près de Kalamoune, évacueraient également leur matériel.

Une autre a indiqué que des véhicules blindés et des camions de transport de troupes avaient été vus quittant le secteur de l'aéroport international de Damas, où se trouvent trois bases militaires.

Selon des opposants présents à Lattaquié, ville portuaire de la Méditerranée, plusieurs bâtiments de guerre syriens se sont rangés le long de navires marchands dans une zone réservée à la marine marchande.

Le bâtiment de l'état-major, place des Omeyyades, fonctionne d'ores et déjà à effectif réduit depuis qu'il a été la cible de bombes lancées par les insurgés en septembre 2012. 

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