Espionnage : Washington minimise, la grogne persiste

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le président barack Obama à Dar es Salaam en Tanzanie Le président barack Obama à Dar es Salaam en Tanzanie  Photo :  AFP/SAUL LOEB

L'affaire de l'espionnage électronique auquel se serait livrée une agence américaine contre plusieurs représentations diplomatiques à Washington et à l'ONU poursuit le président Barack Obama jusqu'en Tanzanie alors qu'il effectue une tournée africaine.

Les États-Unis fourniront à leurs alliés européens toutes les « informations » qu'ils réclament, a assuré lundi le président Obama.

Il a jouté que Washington était toujours en train « d'évaluer » le contenu de l'article du quotidien britannique The Guardian, qui cite des documents fournis par Edward Snowden, l'ancien consultant de l'Agence de renseignement américaine (NSA) à l'origine des fuites.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry Le secrétaire d'État américain, John Kerry  Photo :  AFP/ROSLAN RAHMAN

Plus tôt, son secrétaire d'État John Kerry a tenté de minimiser la portée de cette affaire.

Tous les gouvernements ou presque, et pas seulement les États-Unis, ont recours à « de nombreuses activités » pour sauvegarder leurs intérêts et leur sécurité, a-t-il déclaré.

John Kerry a indiqué qu'il avait eu une conversation téléphonique avec Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'Union européenne (UE), et qu'ils avaient évoqué le sujet des écoutes.

Grogne et menace

Les Européens ont exigé l'arrêt immédiat de tout espionnage, menaçant de bloquer toute future négociation. L'ambassadeur américain auprès de l'UE, William Kennard, a quant à lui été convoqué par Pierre Vimont, qui dirige le service diplomatique européen.

La France ne peut « pas accepter ce type de comportements », a réagi le président français François Hollande. C'est le premier chef d'État à s'exprimer aussi vivement sur cette affaire.

Il a exigé des garanties sur une cessation de l'espionnage américain de l'UE et de la France comme préalable à toute négociation ou transaction.

On n'est pas plus content à Berlin, où un porte-parole d'Angela Merkel a estimé que les États-Unis devaient « rétablir la confiance » avec leurs alliés européens.

De son côté, la Grèce n'a pas manqué de réclamer des « clarifications » à Washington.

Dimanche, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé que la NSA espionnait depuis plusieurs années des bâtiments officiels de l'Union européenne aux États-Unis et à Bruxelles.

L'hebdomadaire allemand fonde ses accusations sur des documents confidentiels dont il a pu avoir connaissance grâce à l'ancien collaborateur du renseignement américain Edward Snowden, auteur de révélations explosives sur le programme américain d'espionnage électronique.

Le quotidien britannique The Guardian en a rajouté en affirmant que la France, l'Italie et la Grèce figuraient parmi les 38 « cibles » surveillées par l'agence américaine.

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