Coup dur pour la réforme du contrôle des armes à feu aux États-Unis

Radio-Canada avec Associated Press
Les explications de Joyce Napier

Le Sénat américain a rejeté mercredi une proposition bipartite visant à soumettre un plus grand nombre d'acheteurs d'armes à feu à des vérifications d'antécédents judiciaires et psychiatriques, plus précisément pour les achats d'armes sur Internet et dans les foires spécialisées.

Soixante votes étaient nécessaires pour faire adopter cette proposition. Elle a reçu l'appui de 54 sénateurs. Quatre démocrates ont rejoint les républicains pour voter contre l'amendement. 

Il s'agit d'un dur coup pour l'administration Obama, qui s'était engagée à réagir vigoureusement dans la foulée du carnage survenu au mois de décembre dans une école primaire de Newtown, au Connecticut. Le président avait fait de la vérification d'antécédents la pièce maîtresse de ses propositions en matière de contrôle des armes à feu.

Le vote du Sénat sera cependant bien accueilli du côté de la National Rifle Association, selon qui ce plan était inefficace et bafouait les droits des Américains en matière de possession d'armes à feu.

En conférence de presse, le président américain Barack Obama a évoqué « une journée assez honteuse à Washington », accusant le lobby des armes d'avoir « délibérément menti » pour faire échouer la réforme proposée.

« Si l'action du Congrès pouvait prévenir des pertes de vies en préservant le deuxième amendement [de la Constitution, celui sur le droit de porter une arme], nous avions l'obligation d'essayer », a lancé M. Obama.

« Les vérifications d'antécédents n'enfreignaient pas le droit au port d'armes. » — Barack Obama

M. Obama a continué à défendre la réforme du contrôle des armes, affirmant qu'elle représentait la « modération » et le « bon sens ». Il a soutenu qu'il n'avait jamais été question de créer un registre des armes à feu, et que cette loi empêchait même de le faire.

Visiblement déçu, le président Obama a fustigé les adversaires de la réforme qui décrivait l'implication des proches et victimes d'armes à feu dans le débat au Congrès comme du « chantage émotif ». « Croyons-nous que leur perte n'est pas significative dans ce débat? Je ne sais toujours pas comment ils ont trouvé la force de faire ce qu'ils ont fait au cours des dernières semaines, des derniers mois », a dit le président en s'adressant aux parents de victimes de la tuerie de Newtown présents à la conférence de presse.

Accompagné notamment de l'ex-représentante Gabrielle Giffords, elle-même victime d'une tentative d'assassinat par balle, Barack Obama a accusé les élus s'étant opposés à la réforme d'avoir baissé les bras en raison de « l'inquiétude qu'une minorité de propriétaires d'armes leur nuisent lors des élections ». Il a appelé les électeurs américains à faire savoir à leurs représentants qu'ils sont déçus des décisions prises à Washington.

Malgré tout, le président américain croit que les élus peuvent « encore apporter des changements significatifs ». Barack Obama a mentionné le travail qui peut être fait pour faire tomber les barrières au niveau des États ou fournir davantage d'information aux forces de l'ordre.

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein parlant du contrôle des armes. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein parlant du contrôle des armes.  Photo :  PC/AP/Senate Television

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