Ces lanceurs d’alerte, traîtres ou héros?

Affaire WikiLeaks : le soldat Manning plaide coupable à 10 des 22 accusations

Bradley Manning, lors d'une comparution le 8 janvier dernier Bradley Manning, lors d'une comparution le 8 janvier dernier  Photo :  AFP/MARK WILSON

Le jeune soldat américain accusé de la plus grande fuite d'informations secrètes de l'histoire des États-Unis a plaidé coupable, jeudi, à 10 des 22 accusations portées contre lui.

Bradley Manning a plaidé coupable d'avoir transmis des centaines de milliers de documents secrets au site WikiLeaks en violation des règles militaires, mais pas des lois fédérales sur l'espionnage.

La juge militaire doit maintenant décider si elle accepte la reconnaissance de culpabilité du soldat sur les 10 accusations, qui pourraient lui valoir jusqu'à 20 ans de prison.

Mais même si le plaidoyer du soldat est accepté, les procureurs pourraient encore le poursuivre pour les autres accusations devant la justice militaire. L'une de ces accusations est d'avoir aidé l'ennemi, passible de la prison à vie.

Le soldat âgé de 25 ans est accusé d'avoir transmis à WikiLeaks des rapports militaires sur les guerres en Irak et en Afghanistan, des notes diplomatiques du département d'État, d'autres documents classifiés et deux vidéos tournées sur le champ de bataille en 2009 et 2010 alors qu'il était analyste du renseignement militaire à Bagdad.

L'administration Obama estime que la publication de ces documents a menacé d'importantes sources militaires et diplomatiques et nui aux relations des États-Unis avec d'autres gouvernements.

Les partisans de Bradley Manning, qui ont organisé des rassemblements samedi pour souligner son 1000e jour de détention, le considèrent comme un héros de la dénonciation dont les actions ont contribué à exposer des crimes de guerre et à déclencher les soulèvements prodémocratiques dans certains pays arabes en 2011.

Le soldat a déclaré jeudi devant la cour qu'il avait transmis les documents secrets à WikiLeaks pour informer le public sur les politiques étrangères et militaires des États-Unis.

Bradley Manning a expliqué qu'il ne pensait pas que les informations transmises seraient nuisibles pour les États-Unis, mais qu'il avait pensé que les notes diplomatiques du département d'État pourraient être « embarrassantes ».

The Associated Press

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