Ennahda concède les ministères clés en Tunisie

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Rached Ghannouchi Rached Ghannouchi  Photo :  AFP/FETHI BELAID

En Tunisie, le parti islamiste Ennahda est prêt à laisser des indépendants prendre la tête des ministères régaliens, soit les ministères de l'Intérieur, de la Justice, des Affaires étrangères et de la Défense, afin de former un nouveau gouvernement.

Ennhada répond ainsi à une revendication de l'opposition laïque, Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR), le parti du président Moncef Marzouki.

« Nous voyons que c'est dans l'intérêt de la Tunisie que le gouvernement, dans la période transitoire et pour la période à venir, réunisse les islamistes et les laïcs [...] même si nous sommes majoritaires », a déclaré Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda.

Actuellement, Ennahda dirige les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Le ministère de la Défense est contrôlé par un indépendant, Abdelkarim Zbidi, en fonction depuis janvier 2011.

Grâce à cette décision, Rached Ghannouchi a prédit que le nouveau cabinet pourrait être formé « à la fin de la semaine ».

Toutefois, selon Mohamed Bennour, le porte-parole d'Ettakatol, cette concession ne signifie pas qu'un compromis a été trouvé « sur les noms des ministres ». M. Bennour juge peu probable que les pourparlers aboutissent avant « le milieu de la semaine prochaine », surtout que « la question des autres ministères » reste en suspens.

De plus, le Wafa, un des rares partis à s'opposer à l'indépendance des portefeuilles régaliens, s'est emporté contre l'annonce de M. Ghannouchi.

« Ennahda a annoncé la neutralité des ministères clés, et nous sommes étonnés d'apprendre ça par les médias, alors que nous sommes en négociations avec eux », a dénoncé un responsable du parti.

Auparavant ministre de l'Intérieur, l'islamiste Ali Larayedh a été chargé la semaine dernière de former un nouveau gouvernement après que le premier ministre Hamadi Jebali eut démissionné face aux refus d'Ennahda de faire suite à sa demande de constituer un cabinet de technocrates.

M. Jebali avait avancé cette idée le 6 février, jour de l'assassinat de Chokri Belaïd, figure de l'opposition de gauche et critique acerbe du gouvernement islamiste, estimant qu'il s'agissait du seul moyen d'apaiser le climat politique du pays.

Si l'assassinat de Chokri Belaïd a fait imploser le gouvernement sortant, cela fait des mois que la vie politique tunisienne est paralysée.

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