Cuba : Raul Castro réélu président

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le président cubain Raul Castro (à droite) et l'ex-président Fidel Castro (à gauche) assistent à la séance d'ouverture de la nouvelle Assemblée nationale cubaine, le 24 février. Le président cubain Raul Castro (à droite) et l'ex-président Fidel Castro (à gauche) assistent à la séance d'ouverture de la nouvelle Assemblée nationale cubaine, le 24 février.  Photo :  AFP/ISMAEL FRANCISCO

Le président cubain, Raul Castro, a été reconduit pour un deuxième mandat à la tête du pays, dimanche. Apparaissant exceptionnellement en public, l'ex-président Fidel Castro a assisté à la séance de réélection de son frère.

Le mandat de cinq ans que reçoit de nouveau Raul Castro sera son dernier. Le président a lui-même fixé à deux le nombre de mandats de cinq ans que peuvent obtenir les principaux dirigeants cubains.

Raul Castro a d'ailleurs annoncé dimanche qu'il prendrait sa retraite à la fin du mandat, en 2018.

Âgé de 81 ans, le chef d'État avait invité vendredi les journalistes à porter une attention particulière à la séance de dimanche, évoquant une possible retraite anticipée, sous forme de plaisanterie. « Je vais démissionner. Je vais avoir 82 ans, j'ai le droit de me retirer. Vous ne croyez pas? » a-t-il demandé aux journalistes en riant.

Les 612 députés, élus lors d'un vote sans compétition le 3 février, ont désigné dimanche un nouveau Conseil d'État de 31 membres, avec Raul Castro à sa tête.

À Cuba, l'Assemblée nationale ne siège que quelques semaines par an et délègue entre-temps ses pouvoirs législatifs au Conseil d'État, qui fait office d'exécutif par le biais du Conseil des ministres nommé par ses soins.

La séance de la nouvelle Assemblée nationale devait permettre d'ébaucher les scénarios de la succession des Castro au pouvoir.

Avant Raul, Fidel Castro a dirigé le pays depuis la révolution cubaine de 1959, jusqu'en 2006, lorsqu'il s'est retiré du pouvoir pour des raisons de santé, cédant sa place à son frère.

Depuis son départ du pouvoir, Fidel Castro n'avait effectué jusqu'ici qu'une seule apparition dans l'enceinte parlementaire, en 2010, pour avertir qu'un affrontement entre les États-Unis et l'Iran conduirait à un holocauste nucléaire. Il s'était ensuite montré en public au début du mois, en venant voter aux élections législatives. Il semblait alors fragile et courbé.

Vue générale de l'Assemblée cubaine réunie à La Havane, le 24 février. Vue générale de l'Assemblée cubaine réunie à La Havane, le 24 février.  Photo :  AFP/ROBERTO SUARES

Composition du Conseil d'État

Le nouveau numéro deux du régime, premier vice-président du Conseil d'État, est Miguel Diaz-Canel, un ingénieur électronique qui aura 53 ans en avril, ex-ministre de l'Éducation supérieure et depuis mars 2012 un des huit vice-présidents du conseil des ministres.

Parmi les cinq vice-présidents du Conseil d'État désignés par l'Assemblée nationale lors de sa séance d'ouverture, figure Mercedes Lopez Acea, 48 ans, première secrétaire du tout-puissant Parti communiste de Cuba (PCC) pour la province de La Havane, qui ne faisait pas partie du Conseil d'État jusqu'à présent.

L'ancien numéro deux du régime, José Ramon Machado Ventura, 82 ans, cède sa place de premier vice-président, mais reste parmi les cinq vice-présidents du Conseil d'État.

Deux autres vice-présidents ont conservé leur position, le dirigeant historique Ramiro Valdés, 80 ans, et Gladys Bejerano, 66 ans, chef de l'autorité de contrôle financier de l'État.

Le cinquième vice-président est le chef de la centrale syndicale d'État CTC, Salvador Valdés Mesa, 67 ans, qui était déjà membre du Conseil d'État.

Les candidats pressentis pour succéder à Raul Castro

Selon les observateurs de la scène cubaine, la nouvelle législature de cinq ans sera un banc d'essai pour les futurs candidats à la succession de Raul Castro. « Personne ne peut gouverner avec la légitimité charismatique des dirigeants historiques. Ce sera une période d'expérimentation. Les candidats possibles devront montrer leur capacité à dessiner la Cuba du futur », estime le politologue cubain Carlos Alzugaray.

Trois hommes se profilent pour l'instant comme des candidats sérieux au pouvoir :

  • Miguel Diaz-Canel, qui a beaucoup gagné en visibilité depuis un an;
  • Marino Murillo, un économiste de 52 ans, vice-président du conseil des ministres, en charge de superviser les réformes économiques;
  • Bruno Rodriguez, un avocat et diplomate de 55 ans, ministre des Affaires étrangères depuis 2009.

Les vice-présidents du Conseil d'État, Abelardo Colomé, 73 ans, et Gladys Bejerano sont aussi pressentis à la succession des Castro.

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