Le monde arabe en mutation

Tunisie : Ali Larayedh est désigné premier ministre

Le nouveau premier ministre tunisien Ali Larayedh


Le président tunisien, Moncef Marzouki, a accepté la désignation d'Ali Larayedh comme premier ministre, après que ce dernier a été choisi par son parti, Ennahda, lors d'une réunion dans la soirée de jeudi.

M. Larayedh a désormais 15 jours pour former le gouvernement qui devra obtenir la confiance de l'Assemblée nationale constituante.

Première force politique du pays avec 89 députés, Ennahda devrait réunir les voix de 109 élus sur 217, le seuil nécessaire à l'approbation du gouvernement.

Le nouveau premier ministre avait occupé le poste de ministre de l'Intérieur dans l'ancien gouvernement de Hamadi Jebali, qui a refusé de reprendre la tête du gouvernement après l'échec de son initiative de former un gouvernement de technocrates.

Ennahda a promis de former un cabinet mêlant personnalités politiques et technocrates afin d'élargir le plus possible son assise pour sortir de la crise politique dans laquelle le pays est plongé depuis l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, le 6 février dernier.

Ali Larayedh est considéré comme un homme de dialogue appartenant au courant modéré d'Ennahda.

Il a promis un gouvernement dans lequel se retrouveront « tous les Tunisiens et Tunisiennes », insistant sur l'égalité entre les hommes et les femmes.

« J'espère trouver un bon accueil auprès des Tunisiens et des Tunisiennes, des partis politiques, des milieux d'affaires, des médias, du monde de la culture et des hommes de religion », a-t-il déclaré.

Ali Larayedh, figure historique d'Ennahda

Âgé de 57 ans, Ali Larayedh est parmi les dirigeants du parti islamiste Ennahda depuis sa création dans les années 1980.

Il en a été le président du conseil de la choura, le parlement interne, de 1982 à 1986, puis le chef de son bureau politique.

Cet ingénieur de la marine marchande a été arrêté et condamné à mort durant le règne de Habib Bourguiba en 1987. Après le coup d'État de Zine el Abdine Benali, il a été gracié.

Mais il est condamné en 1992 à 15 ans de prison, dont 13 passées dans l'isolement total.

Comme tous les prisonniers politiques tunisiens, M. Larayedh a subi pressions et tortures. Son épouse n'a pas échappé aux tortionnaires du régime Benali.

Quand il est devenu ministre de l'Intérieur dans le premier gouvernement post-Bneali, son action a été critiquée. Ses détracteurs lui ont reproché son « laxisme » face à la montée de la mouvance salafiste violente.

Mais les salafistes ne le voient pas de cet œil. Il a, de plus, été à plusieurs reprises la cible des critiques de cette mouvance.

Après sa nomination, des salafistes ont manifesté à Sidi Bouzid le traitant d'« agent des Américains ».

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