Le monde arabe en mutation

Tunisie : pas de gouvernement apolitique, un autre scénario en discussion

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le premier ministre Hamadi Jebali se rendant aux consultations avec les partis politiques lundi Le premier ministre Hamadi Jebali se rendant aux consultations avec les partis politiques lundi  Photo :  AFP/FETHI BELAID

Le premier ministre Hamadi Jebali a annoncé lundi que son projet de gouvernement de technocrates n'a pas abouti, mais il n'a pas annoncé sa démission, alors qu'il avait menacé de démissionner la semaine dernière si son initiative ne réussissait pas.

M. Jebali a laissé la porte ouverte à une issue prochaine de la crise, sans donner plus de détails. Il a indiqué qu'une autre forme de compromis sur la composition du gouvernement pourrait intervenir prochainement.

« Je dis en toute clarté que l'initiative telle que je l'ai présentée, c'est-à-dire un gouvernement composé de membres n'appartenant pas à des partis politiques [...] n'a pas recueilli un consensus », a-t-il dit à l'issue de pourparlers avec les chefs de partis, évoquant néanmoins la possibilité d'« une autre forme de gouvernement ».

M. Jebali s'est montré optimiste, indiquant qu'il avait « constaté des progrès durant les discussions politiques en vue de la recherche d'un consensus autour d'une autre solution ».

Selon lui, cette nouvelle formule [de composition du gouvernement] devrait aboutir « dans les tout prochains jours ».

De son côté, le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, a déclaré que les représentants de la quinzaine de partis présents lundi s'étaient mis d'accord sur « un gouvernement restreint chargé de travailler pour des élections dans les plus brefs délais », insistant sur « les compétences politiques ».

Aziz Krichène, le représentant du parti du président, le Congrès pour la République, a pour sa part déclaré qu'un « accord a été trouvé pour la formation d'un gouvernement mixte » regroupant personnalités politiques et technocrates.

Ennahda défend « la légitimité »

Ennahda, le propre parti de Hamadi Jebali, s'est opposé à l'idée de gouvernement apolitique. Samedi, des milliers de partisans d'Ennahda ont manifesté pour défendre « la légitimité » du gouvernement issu des élections d'octobre 2011.

Lundi, le parti a réaffirmé son rejet de l'initiative du premier ministre, qui est aussi le numéro deux du parti, comme moyen de sortir le pays de sa crise.

« Nous restons attachés à la formation d'un gouvernement politique et de coalition qui tire sa légitimité des élections du 23 octobre 2011 et qui serait ouvert à des compétences nationales engagées à réaliser les objectifs de la révolution », a affirmé le conseil consultatif du parti Ennahda dans un communiqué.

« Le conseil estime que l'initiative d'un gouvernement de technocrates ne répond pas aux besoins de la période actuelle », insiste le communiqué.

Manifestation de militants du parti islamiste Ennahda dans les rues de Tunis, samedi 16 février.

Crise au sein du CPR

Dans le même temps, plusieurs députés du parti du président Moncef Marzouki, le Congrès pour la République (CPR), allié aux islamistes d'Ennahda, ont annoncé qu'ils quittaient le parti.

Selon plusieurs médias tunisiens, le chef du parti Mohamed Abbou s'apprêtait aussi à officialiser sa démission pour former un nouveau parti avec les dissidents du CPR.

Le CPR s'était imposé comme la deuxième force du pays, derrière les islamistes d'Ennahda, en obtenant 29 des 217 sièges de l'Assemblée nationale constituante lors des élections d'octobre 2011.

Il a ensuite formé une coalition tripartite avec les islamistes d'Ennahda et Ettakatol, un autre parti laïque de centre-gauche.

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