Des milliers d'Américains manifestent contre Keystone XL

Radio-Canada avec Agence France-Presse et La Presse Canadienne
Le reportage de Émilie Dubreuil

Des dizaines de milliers de personnes sont rassemblées dimanche près de la Maison-Blanche, à Washington, pour appeler le président Barack Obama à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique, notamment en s'opposant au projet de pipeline Keystone XL de la compagnie TransCanada.

Les manifestants, demeurés pacifiques, voulaient rappeler au président Obama de tenir les promesses qu'il avait faites en 2008 en matière d'environnement.

Selon le Sierra Club, l'un des organisateurs de l'événement, quelque 30 000 personnes étaient rassemblés en milieu de journée près de la Maison-Blanche. « C'est de loin, de très loin, le plus gros rassemblement sur le climat de l'histoire américaine », a lancé l'écologiste Bill McKibben, devant la foule de manifestants.

Parmi eux, des acteurs connus, des chefs autochtones canadiens et même un groupe de religieuses réclamaient l'annulation du projet Keystone XL de 7 milliards de dollars, qui permettrait de relier les sables bitumineux de l'Alberta aux raffineries texanes le long du golfe du Mexique. « Le président Obama ne doit pas être la marionnette des grandes industries pétrolières », a protesté l'actrice canadienne Evangeline Lilly.

« Keystone XL, ce serait comme allumer une gigantesque bombe de carbone, ce n'est pas une option. Ce pays ne doit pas cuire encore plus notre planète avec cet oléoduc. » — Van Jones, ancien conseiller de Barack Obama sur les emplois verts
La manifestation à Washington, le 17 février La manifestation à Washington, le 17 février  Photo :  PC/Manuel Balce Ceneta

Dans son discours sur l'état de l'Union, mardi dernier, le président des États-Unis, Barack Obama, a réitéré son intention de lutter vigoureusement contre les changements climatiques, notamment pour accélérer la transition vers l'utilisation d'énergies renouvelables. Mais il n'a fait aucune mention du projet Keystone XL.

L'administration américaine doit remettre dans les prochains jours un rapport concernant l'impact environnemental du projet, sur lequel la Maison-Blanche devrait se baser pour y donner ou non son feu vert.

Quant au nouveau secrétaire d'État américain, John Kerry, qui devra prendre la décision, il a refusé de se prononcer publiquement sur le projet d'oléoduc.

Le gouvernement canadien appuie le projet, faisant valoir qu'il générerait des milliers d'emplois dans les deux pays. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères canadien, John Baird, a déclaré dimanche que le Canada pouvait donner des leçons aux États-Unis en matière d'environnement.

De leur côté, les environnementalistes dénoncent l'initiative et demandent son annulation. À Washington, une autre manifestation contre le pipeline Keystone XL s'était soldée mercredi par l'arrestation de 48 personnes.

Facebook