Questions sur la mort d'un présumé agent du Mossad

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Le Monde, New York Times et Reuters
La tombe de Ben Zygier à Melbourne en Australie La tombe de Ben Zygier à Melbourne en Australie  Photo :  AFP/Martin Philbey

La mort du présumé espion du Mossad Ben Zygier n'a pas livré tous ses secrets et les langues commencent à se délier dans la presse, tant israélienne qu'internationale.

Ben Zygier, 34 ans, est un Australo-Israélien qui se serait suicidé en prison en 2010 et dont la mort a été gardée secrète jusqu'au jour où la chaîne australienne ABC l'a révélée, mercredi.

Le quotidien israélien Haaretz a révélé vendredi que les autorités israéliennes avaient accepté de verser plusieurs millions de shekels à la famille du défunt quand l'enquête interne a conclu que le détenu s'était suicidé.

Cependant, Avigdor Feldman, l'avocat israélien de Ben Zygier, a déclaré qu'il n'avait pas connaissance d'un accord de dédommagement.

Selon cet avocat, qui a rendu visite au défunt la veille de sa mort, son client été inculpé pour « crimes graves ». Il n'a pas donné plus de détails.

Me Fieldman a précisé que son client niait les faits qui lui étaient reprochés, mais était prêt à un arrangement à l'amiable.

Le secret qui entoure cette affaire fait circuler de nombreuses thèses sur l'emprisonnement de Ben Zygier.

Le journal de Melbourne The Age avance que M. Zygier était peut-être en contact avec des agents australiens et « sur le point de divulguer » des informations sur l'usage de faux passeports australiens par des agents du Mossad. Le journal cite dans son article des membres des services de renseignement australiens.

De son côté, le quotidien koweïtien Al-Jarida rapporte, en citant des sources occidentales, que Ben Zygier aurait fait partie du groupe qui a assassiné le dirigeant du Hamas Mohamed Al-Mabhouh à Dubaï, en janvier 2010.

Les autorités de Dubaï avaient indiqué à l'époque que le groupe utilisait des passeports de plusieurs nationalités, dont un faux australien.

Malgré ces bribes d'informations, le mystère de l'arrestation et du suicide de Ben Zygier reste entier.

Le Mossad impose la censure

Selon le journaliste australien Trevor Bormann, qui a révélé cette affaire, les rédacteurs en chef des principaux médias israéliens étaient convoqués à une réunion dirigée par « le chef du Mossad Tamir Pardo, en présence du chef de la censure ».

« Le chef du Mossad a vivement encouragé les médias à ne pas relayer les informations de l'émission (d'ABC) Foreign Correspondant, disant qu'elles causeraient une gêne considérable aux services de sécurité », écrit le journaliste australien.

Toujours selon le journaliste, les rédacteurs en chef « se sont plaints que, depuis trop longtemps, la censure entravait le bon fonctionnement de la presse et qu'il fallait revoir [les règles] pour prendre en compte le changement du paysage médiatique ».

Interrogé sur la question des faux passeports, le ministère australien des Affaires étrangères a indiqué ne pas pouvoir faire de déclarations avant lundi.

Cellule ultra-surveillée

Ben Zygier était détenu dans la cellule construite spécialement pour Ygal Amir, l'assassin du premier ministre Yitzhak Rabin. Elle est équipée de caméras, même dans les toilettes, pour une surveillance 24 heures sur 24. Selon Haaretz, le système de surveillance identifie les mouvements et la respiration. Une alarme se déclenche si, au bout de 50 secondes, aucun mouvement n'est détecté.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook