La crise malienne

Mali : Gao sous tension

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Soldat malien dans la ville de Gao, au Mali

Des affrontements entre les insurgés et les forces franco-maliennes ont duré toute la journée de dimanche à Gao, plongeant la ville dans la crainte de troubles chroniques.

Les rebelles, qui seraient arrivés du Niger voisin, sont rentrés à Gao durant la nuit et ont attaqué les soldats français et maliens en plein coeur de la ville, reprise il y a deux semaines aux islamistes.

L'aviation française a bombardé le commissariat de la ville, dans lequel se seraient retranchés les rebelles. Par la suite, des soldats français ont déminé les ruines du commissariat, découvrant au total quatre mines enfouies dans la cour du bâtiment, ainsi qu'une roquette et deux grenades.

Le principal marché de la ville, qui se trouve à proximité du commissariat, a été évacué en début d'après-midi par des soldats français, par crainte d'attentats.

Quelques heures avant cette attaque, les forces franco-maliennes avaient procédé au renforcement d'un point de contrôle dans les quartiers nord qui avaient été attaqués deux fois en deux jours par des kamikazes.

Les responsables français et maliens contactés à Gao par des agences de presse ont souligné que les risques d'infiltrations, de fusillades et d'attentats à la bombe restaient élevés.

Le ministre malien de la Défense, Yamoussa Camara, a indiqué que trois rebelles avaient été tués et onze autres faits prisonniers. Il a également parlé de plusieurs blessés dans les rangs de l'armée malienne. Mais un médecin de l'hôpital de Gao, Noulaye Djiteyi, a rapporté que trois civils avaient été tués et onze autres, blessés par des tirs.

Les Touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui accusent l'armée malienne de commettre des atrocités dans le Nord, promettent de « mener un combat sans merci » contre les forces gouvernementales maliennes déployées dans la région.

Selon un bilan établi par Radio france internationale (RFI), il y aurait eu neuf morts, quatre civils tués par balles perdues et cinq combattants tués lors des combats.

La crise malienne

Bilan mitigé

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, estime qu'« il y a eu des avancées positives et considérables, mais ce n'est pas totalement sécurisé ».

« L'une des leçons que nous tirons de ce qui s'est passé dans toute une série d'autres cas différents, l'Afghanistan, la Somalie etc., c'est qu'il faut que les buts de l'opération soient clairs et qu'il ne faut pas que la durée soit infinie », a indiqué M. Fabius.

De son côté, le président français François Hollande a indiqué que les objectifs de l'intervention militaire sont « en voie d'être atteints », mais il a reconnu la persistance de « poches terroristes ».

Selon lui, le devoir de la France est « d'aller jusqu'au bout de son opération pour ne pas laisser un seul espace territorial du Mali sous le contrôle des terroristes ».

Par ailleurs, le président américain Barack Obama a annoncé lundi une aide militaire de 50 millions de dollars pour la France et le Tchad, en lien avec le conflit au Mali.

Soldat français à Gao, dans le nord-est de la France

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