Le monde arabe en mutation

Tunisie : le parti du président quitte le gouvernement

Alexandra Szacka a rencontré une femme qui figure sur une liste des personnes à abattre en Tunisie.

Le parti laïque du président tunisien Moncef Marzouki a sèchement claqué la porte du gouvernement de coalition, dimanche, furieux de la façon dont le parti islamiste au pouvoir gère la crise politique et sociale qui secoue le pays.

Ce départ risque d'attiser les tensions et d'aggraver la crise provoquée par l'assassinat d'un leader de l'opposition Chokri Belaïd, perpétré la semaine dernière.

Moncef Marzouki est un ardent défenseur des droits humains dont l'ascension à la présidence a été perçue comme un symbole de l'évolution de la Tunisie vers une plus grande démocratie après le renversement du régime de Zine El Abidine Ben Ali, en janvier 2011.

Cette démission survient alors que le calme semblait être revenu dans les rues de la capitale tunisienne, dimanche. Après trois journées de violences, les rues de Tunis étaient relativement calmes. Les policiers antiémeute demeuraient cependant aux aguets.

En réaction aux soulèvements des derniers jours, le premier ministre Hamadi Jebali souhaite nommer un nouveau gouvernement de technocrates. Il se frotte toutefois à des résistances au sein de son propre parti, Ennahda, qui rejette cette idée.

Une réunion du comité de direction de la formation politique est prévue pour dimanche afin de discuter de cette option. Les factions modérées et radicales risquent de s'affronter lors de cette rencontre.

Les Tunisiens ont renversé leur ancien président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, donnant le coup d'envoi aux soulèvements du printemps arabe. Depuis, l'Ennahda, un parti islamiste modéré, a remporté les élections et gouvernait le pays en coalition avec deux formations politiques laïques.

Associated Press

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